Des instagrameurs font de la publicité déguisée et achètent des abonnés

Interview de Olivier Glassey, sociologue par Le Régional
Sur les résaux sociaux, il y a de la triche

Des instagrameurs achètent des abonnés ou font de la publicité déguisée. Et lorsqu’ils se font pincer, le lien de confiance se rompt, observe Olivier Glassey, spécialiste des nouvelles technologies et maître d’enseignement à l’Université de Lausanne. Résultat, le marketing personnifié sur les médias sociaux fait face à des crises de légitimité et à une forme de lassitude. 

La surfréquentation touristique existait avant les médias sociaux. Qu’est-ce qui change avec Instagram ?

Le phénomène n’est peut-être pas complètement nouveau. Mais sur internet, tout peut s’emballer rapidement, une destination peut devenir «virale» très vite. Et ainsi déclencher des effets de masse qui peuvent mettre en danger l’équilibre de lieux parfois précieux et fragiles, pas prévus pour accueillir autant de visiteurs.

Le Régional : Pouvons-nous faire davantage confiance aux influenceurs qu’à la publicité traditionnelle ?

Les réseaux sociaux maintiennent l’illusion d’une communication personnalisée. Le public réagit différemment lorsque c’est un influenceur qui vante les mérites d’un endroit ou d’un produit. Par rapport à une affiche, les gens ont l’impression d’être conseillés par un ami. Les internautes ont l’impression que les recommandations sont basées sur des expériences. Mais ce modèle consiste en réalité à faire confiance à quelqu’un que nous ne connaissons pas et qui a vécu quelque chose à un autre moment. C’est une forme de pari.

Cette illusion peut-elle s’inscrire dans la durée ?

C’est toute la question. Combien de temps pourrons-nous encore croire à cette spontanéité? C’est peut-être déjà terminé. Lorsqu’un influenceur fait beaucoup de promo, l’impression de spontanéité se perd. Et puis, il y a la triche. Certains instagrameurs achètent des abonnés ou des «likes» pour gagner en importance ou font de la publicité déguisée. Quand ils se font prendre la main dans le sac, le lien de confiance est rompu. D’autre part, je ne vois pas pourquoi le marketing sur les réseaux sociaux ne serait pas aussi exposé à des crises de légitimité ou à des formes de fatigue sociale et de lassitude.

 

source : http://www.leregional.ch/N123553/tourisme-en-lavaux-et-riviera-br-faut-il-craindre-instagram-facebook-et-youtube.html#

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