Archives de catégorie : publipostage

Une montagne de publicité dans les boîtes aux lettres

Selon une récente enquête de la Fédération romande des consommateurs, chaque ménage reçoit entre 36 et 60 kilos de papier non désiré par année. Les boîtes munies d’un autocollant « Stop pub » ne sont pas épargnées non plus. Les personnes affichant leur refus de publicité sont confrontées à de nouvelles parades, dont les envois adressés. Cette enquête met également en lumière les conditions de travail précaires des employés  d’entreprise spécialisée dans les envois adressés.

Campagne de publipostage personnalisée du quotidien vaudois 24 Heures

Le mois passé, des anciens abonnés du journal 24 Heures ont reçu dans leur boîte aux lettres une réclame personnalisée. Déguisée en première page, elle affichait le prénom et le nom de famille de la cible dans la titraille. De quoi alimenter le narcissisme du petit Pékin, qui n’a même pas à remplir le bon de commande. Pardi, on l’a rempli à sa place : son adresse, son nom, tout y est. Même la case « oui, je souhaite profiter de cette offre exclusive réservée aux ‘anciens abonnés’ » a déjà été cochée et le bon est déjà affranchi. Si ça se trouve, bientôt les annonceurs n’auront même plus besoin d’obtenir le consentement des consommateurs…

L’État de Fribourg écoule son vin par une douteuse campagne de publipostage

Au mois de novembre, les fonctionnaires de l’État de Fribourg ont reçu dans leur boîte aux lettres une publicité pour du vin plutôt cocasse.  Car ce n’est autre que l’Administration des vignobles de l’État de Fribourg (AVE), donc un service de leur propre employeur, qui a pris la liberté de leur adresser ce courrier à leur domicile. La mise en œuvre de ce publipostage de masse soulève quelques questions.

Premièrement, on se demande par quel canal l’Administration des vignobles de l’État a obtenu les adresses privées de fonctionnaires qui n’entretiennent aucune relation avec elle. Certains de ces fonctionnaires n’habitent même pas le Canton de Fribourg.

Deuxièmement, est-il raisonnable que les services publics non seulement produisent et commercialisent de l’alcool, mais qu’ils en fassent la promotion ? Ne ce serait-ce que parce que figurent peut-être parmi les destinataires, des personnes déjà confrontées à des problèmes d’alcool ou des personnes dont la croyance leur interdit ce type de boisson.

Troisièmement, on ne peut que relever le caractère contradictoire de cette « offre exclusive » au regard des efforts de l’État de Fribourg qui depuis plusieurs années prend un certain nombre de mesures pour protéger l’environnement. Pourquoi donc consacrer tant de temps, d’énergie et de ressources (papier, illustrations en couleur) à commercialiser du vin qui bénéficie déjà de plusieurs points de vente ? Et avec quelle pathétique assurance la missive pousse le lecteur à croire que « l’assortiment du Domaine des Faverges ainsi que des Domaines du Vully saura [le] ravir et accompagner au mieux [ses] mets raffinés. » La pratique est si grossière, qu’on s’interroge : A quand une seconde bâche pour valoriser le Lavaux, histoire de se laisser entraîner dans les dérives du Canton de Vaud ?

Finalement, selon les termes de la lettre de l’AVE, les fonctionnaires de l’État de Fribourg bénéficient d’un rabais de 15 % sur certains assortiments des Domaines de Vully et du Domaine de Faverges. Comment justifier un tel favoritisme ?