Archives de catégorie : inégalités d’accès

Le groupe « Chocolats suisses et maison coloniale » fait de la publicité intégrale à la gare de Lausanne

En février 2015, Sunrise s’était essayé à « la publicité intégrale », qui consiste grosso modo à faire son possible pour occuper l’intégralité des espaces. Finalement, deux partis, les Verts et la Gauche avaient lutté contre la prolifération de la publicité dans les transports publics. Des espaces privés recourent parfois à la même technique, comme cette succursale de Kkiosque à la gare de Lausanne.

Kkiosque appartient au groupe Valora Management, qui possède Naville et Selecta et dont les origines remontent à 1901, lorsque l’entreprise d’Olten s’appelait encore « Chocolats suisses et maison coloniale » (Schweizer Chocoladen & Colonialhaus).

Une étude invite la SSR à renoncer à la publicité

Alors que la presse suisse a perdu plusieurs de ses titres et que l’hécatombe se poursuit, le Centre d’évaluation des choix technologiques TA-SWISS vient de publier les résultats d’une étude intitulée « Médias et formation de l’opinion » (Medien und Meinungsmacht)  qui risque ne de ne pas plaire aux maîtres d’orchestre du système publicitaire suisse.[1]Ce Centre a pour objectif de suivre les évolutions et développements technologiques et de déceler les conséquences sociales, légales et éthiques des nouvelles technologies. Il a également pour mission de favoriser le débat autour des enjeux scientifiques et technologiques. Affilié aux Académies suisses des sciences, c’est un organe de conseil mandat est ancré dans la Loi fédérale sur la recherche. Estimant que dans une démocratie directe, les citoyens sont appelés à voter sur des questions complexes, une information variée et de qualité est indispensable, le Centre d’évaluation suggère que Les médias, qui fournissent une partie de cette l’information, ne doivent pas dépendre des intérêts des annonceurs qui diffusent leurs publicités dans les médias.[2]La publicité présente par exemple un quart des revenus de la SSR Selon l’étude, il est temps « [d’]envisager une renonciation à la publicité et au sponsoring [soutien financier] »

Pour approfondir, lire le résumé de l’étude « Médias et formation de l’opinion ».

 

Notes   [ + ]

1. Ce Centre a pour objectif de suivre les évolutions et développements technologiques et de déceler les conséquences sociales, légales et éthiques des nouvelles technologies. Il a également pour mission de favoriser le débat autour des enjeux scientifiques et technologiques. Affilié aux Académies suisses des sciences, c’est un organe de conseil mandat est ancré dans la Loi fédérale sur la recherche.
2. La publicité présente par exemple un quart des revenus de la SSR

Les algorithmes et la publicité

Résumé d’une table ronde enregistrée à la Sorbonne dans le cadre du forum « L’année vue par les sciences », le 25 février 2017. Cette session, retransmise sur les ondes de France culture, s’articule autour de la question « le numérique fait-il de nous des numéros ? », mais le système publicitaire y est discuté à plusieurs reprises.

Dans un premier temps, les intervenants rappellent que nos sociétés générèrent des masses énormes de données que nous ne pouvons pas traiter seul. Nous recourrons donc aux algorithmes, des méthodes de calcul, qui transforment ces données en information utilisable de manière pratique. Or, l’usage des algorithmes à une seconde conséquence moins positive. En utilisant les algorithmes, on abandonne la rationalité qui liait les phénomènes à leurs causes, pour glisser vers une pseudo-rationalité purement statistique et inductive, qui observe des corrélations au sein des masses énormes de données.

C’est à dire qu’on utilise des algorithmes prédictifs qui vont établir des corrélations et on va utiliser ces corrélations pour faire de la prédiction et on va utiliser la prédiction pour proposer des publicités qui correspondent à votre profile par exemple. C’est ce qu’on appelle le profilage.

Le phénomène est ancien et il est lié au fait de rémunérer du contenu à l’audience. C’est typiquement ce que fait la publicité. Par exemple, les chaînes de télévision cherchent à montrer au téléspectateur ce qui le frappe. Pas nécessairement ce qui lui plaît. On ne souhaite pas toujours regarder tel épisode violent ou superficiel dans les journaux ou dans les publicités, mais il arrive qu’on le regarde quand-même. L’homme est faible de ce point de vue et les publicitaires abusent de cette faiblesse, parce qu’ils peuvent en dégager un profit.

La relation entre algorithmique et publicité est coupable selon trois volets. Le revenu publicitaire qui cherche à faire de l’audience ; les entreprises hyper-centralisées sur les réseaux (Facebook, Twitter) ; le fait que ces entreprises détiennent de nombreuses données sur vous. Plutôt que de vous présenter du contenu tel qu’il vient et qui peut vous plaire ou pas, les éditeurs de contenu ne vous présentent que ce qui est susceptible de vous plaire, plutôt frapper votre esprit, pour que vous restiez à regarder soit parce que ça vous procure du réconfort, soit parce que vous trouvez ça scandaleux. Cette logique vous enferme dans une bulle contrôlée par la statistique et la surveillance.

Notre société est dite d’information, car nous la plupart des personnes peuvent accéder à l’information directement, seuls. Ne gagnant pas assez d’argent en proposant de l’information aux individus, les médias et les plates-formes en ligne préfèrent s’informer sur les individus pour les proposer comme des ressources aux annonceurs. Mais un individus n’est une ressource exploitable que s’il est attentif. Aussi, les entreprises se disputent non pas pour nous fournir une information susceptible de vraiment nous intéresser, mais pour nous présenter une information capable d’attirer notre attention, ce qui est problématique, puisque elle nous distrait des vrais enjeux de société.

En outre, les gens se rendent de plus en plus compte qu’ils font l’objet d’une surveillance continue. Cette conscience d’être surveillé induit des changements intimes dans la façon de penser. On s’interdit certains schémas de pensée — au cas où. Certains publicitaires s’en sont aperçus. Lorsque la publicité est trop ciblée, trop personnalisée, on clique moins volontiers dessus, parce qu’on la trouve douteuse. Alors on nous propose des publicités en partie ciblées et présentant aussi une partie dont le contenu n’est pas ciblé, à dessein, pour nous faire oublier la partie ciblée. Les publicitaires nous administrent ainsi un contenu dont l’élément toxique est dilué pour qu’on ne s’aperçoive pas qu’on ingère du poison. Le poison cependant est bien présent, il est juste invisible.  Benjamin Bayart propose de s’attaquer à cette toxicité par un geste politique qui consisterait en premier à reprendre le pouvoir sur les grandes plates-formes en ligne en les interdisant. Antoinette Rouvroy de son côté propose d’obliger les grands acteurs des données de masses à ne pas conserver les données de sorte à ce qu’ils ne puissent pas exercer le pouvoir monopolistique que cette possession leurs permet aujourd’hui.

Neo Advertising nommé nouveau censeur de la publicité à Genève

Depuis 2012, la ville de Genève contrôlait les affiches publicitaires visibles sur son territoire par le biais d’une Commission de censure (le Courrier du 2 mars). De récentes controverse ont éclaté à cause de l’opacité des décisions de la commission. A plusieurs reprises le Préposé cantonal à la Protection des données et à la Transparence a demandé à la commission de rendre son fonctionnement et ses critères de censure publics, sans succès. L’organe exécutif genevois, le Conseil administratif a décidé de dissoudre la Commission de censure, parce que son activité faisait passer la Ville pour une autorité de censure ce qui donnait une mauvaise image auprès du public. Le Conseil administratif a confié n’a pas tout à fait éliminé la censure puisqu’il l’a en fait confié à un tiers, l’entreprise privée Neo Advertising, qui après la SGA, est aussi le nouveau diffuseur publicitaire de la Ville. La justification de cette décision laisse perplexe. Si l’image de la Ville était devenue mauvaise, n’est-ce pas moins dû à la censure qu’à son opacité. N’aurait-il pas suffit de révéler au public comment la Commission de censure prenait ses décisions ? La dissolution de la Commission n’a pas supprimé la censure, elle l’a confiée à l’entreprise privée qui diffuse la publicité qu’elle doit juger. Rien ne garantie que Neo Advertising, une entreprise qui ne publie presque aucune information à son sujet, fasse preuve de plus de transparence dans ce domaine, sans même parler d’efficacité.

La participation politique des jeunes en un post seulement

La plateforme engage.ch propose aux jeunes de 16 à 25 ans de participer à la politique suisse à l’échelle nationale en y publiant des idées de projets par soumission en ligne. Les projets publiés pourront alors être partagés sur les réseaux sociaux, dans l’idée d’encourager un échange entre les jeunes adultes, et « likés », établissant un classement des idées les plus populaires. Au terme de la campagne de 5 semaines, une seconde sélection est effectuée par un groupe de conseiller-ère-s nationaux, qui s’engagent à porter les idées devant le parlement.

Le projet a fait l’objet d’un campagne publicitaire via des tracts, du contenu en ligne et de l’affichage public en partenariat avec la SGA. En voulant utiliser des méthodes issues du marketing commercial, cette initiative ne convainc pas. «Tu peux changer la Suisse avec un post.» Les slogans utilisés veulent faire de l’engagement politique une expérience simplifiée, tout comme un repas pré-cuisiné veut nous éviter le tracas de devoir préparer les ingrédients. Il faut se rendre compte que derrière une idée « simplement » publiée sur la plateforme, il y a un travail administratif et législatif nécessaire pour la mettre en œuvre. Il faut se rendre compte également qu’un projet a besoin d’être débattu avec les populations qui en sont concernées.

En tant que tel, la plateforme engage.ch semble plutôt être un moyen aux conseiller-ère-s nationaux de récupérer des idées à défendre. Elle paraît se limiter à un exercice de présentation des politicien-ne-s auprès de la population jeune, légitimant leur position en voulant «assumer leur rôle de défenseur des jeunes».

Ces adolescents qui ne distinguent pas la publicité du contenu rédactionnel

Les générations Y et Z comprennent mieux les nouvelles technologies ? Pas si sûr. Une récente étude de l’Université de Stanford révèle que la grande majorité des adolescents ne distinguent pas « le contenu parrainé » du contenu rédactionnel. 82 % des interrogés estiment que le fait que l’auteur d’un article soit dirigeant d’une banque n’a aucun lien avec la crédibilité de l’article. Pour eux, la crédibilité d’une information en ligne tient davantage à la quantité de détails et à la qualité des illustrations qu’à l’identité de la source. La RTS et Gant doivent s’en réjouir.

 

A la télévision la tendance est à la personnalisation de la publicité

Aujourd’hui, les chaînes de télévision rêvent de publicité personnalisée. Depuis quelques années, les chaînes suisses diffusent des publicités régionalisées. Elles sont personnalisées à l’échelle régionale, la Suisse romande. Le téléspectateur qui regarde TF1 ne verra pas les mêmes publicités selon qu’il se trouve en France ou en Suisse romande.

Les chaînes de télévision souhaitent aller plus loin en personnalisant la publicité à l’échelle individuelle grâce à l’utilisation des données massives (big data). Cette publicité existe déjà dans d’autres canaux de diffusion de masse comme le publipostage ou elle s’appelle la publicité adressée.

Les chaînes de télévision françaises plaident depuis longtemps pour un assouplissement des règles en matière de publicité. Elles plébiscitent en particulier depuis plusieurs mois la « publicité adressée ». C’est-à-dire la publicité ciblée en fonction des individus. Comme le prévoit Alain Weill, le patron de SFR Media, dans peu de temps, « ceux qui ont des chiens auront des publicités pour Canigou, et ceux qui ont des chats, des publicités pour Ronron […] C’est une révolution qui se prépare. La télé va retrouver énormément de modernité et faire venir de nouveaux annonceurs. » (Les Echos, 14 février 2017).

Aux États-Unis, la publicité adressée représente déjà environ 5 % du volume d’achat à la télévision. L’objectif de la télévision est de récupérer ou ne pas perdre les annonceurs se tournent vers le numérique et l’Internet. Pour Alain Weill, « les opérateurs télécoms sont sans doute les seules alternatives pour rééquilibrer cela dans le futur. » Pourquoi ? Parce qu’ils disposent des données massives qui permettent d’identifier les individus et donc de les cibler avec la publicité supposée leur correspondre, exactement comme le pratique déjà les « GAFA » (Google, Apple, Facebook et Amazon) ou, moins connus des Suisses, les chinois Alibaba, Xiaomi, Tencent et Baidu.

En France, Les chaînes de télévision plaident depuis longtemps pour un assouplissement des règles en matière de publicité. Il s’agit de permettre le commerce, la transmission et l’utilisation des données privées sans le consentement des personnes à qui elles appartiennent. Selon Alain Weill, les ministères sont favorables à l’amendement de la loi et des règlements, qui devrait commencé dès cette année.

Les Transports publics genevois désormais en charge de la publicité des TL

Depuis le 17 octobre 2016, TPG Publicité, la régie publicitaire des TPG en charge de l’affichage dans les Transports publics genevois est devenue TP Publicité. Ce choix fait suite à une décision d’adjudication prise au mois de juillet aux dépends du candidat sortant SGA Traffic, lui-même une entité de la régie publicitaire SGA.[1] A l’époque, l’information est passée presque inaperçue. Peu d’articles ont paru à ce sujet. L’un d’entre eux est celui de la Tribune de Genève du 22 décembre 2016. Durant les trois ans qu’ont duré les négociations entre les TPG et les TL, la presse et les élus ont échoué à informer le public TPG Publicité a signé un contrat d’affichage avec les Transports lausannois (TL). Proposant leurs prestations au-delà des frontières cantonales, le TPG Publicité a décidé de laisser tomber le « G » de son nom.

Depuis le 1er janvier, TP Publicité s’occupe donc de la commercialisation des espaces publicitaires de 250 véhicules lausannois, pour des recettes annuelles escomptées de 4 millions de francs.[2]En 2016, le chiffre d’affaires de TPG Publicité se montait à 9 millions de francs. Grâce à ce contrat remporté face au candidat sortant SGA Traffic TP Publicité s’annonce comme un acteur montant du marché de la publicité dans les transports.

Notes   [ + ]

1. A l’époque, l’information est passée presque inaperçue. Peu d’articles ont paru à ce sujet. L’un d’entre eux est celui de la Tribune de Genève du 22 décembre 2016. Durant les trois ans qu’ont duré les négociations entre les TPG et les TL, la presse et les élus ont échoué à informer le public
2. En 2016, le chiffre d’affaires de TPG Publicité se montait à 9 millions de francs.

Placement de produits à la RTS le 12 février

I. Les faits. Dimanche 12 février, l’après-midi, la RTS 2 a couvert deux événements sportifs, une épreuve du championnat du monde de ski à Saint-Moritz et le quart de finale d’un tournoi de tennis, la Fed cup, qui a opposé la France et la Suisse à Genève.

II. Rappel de la Loi fédérale sur la radio et la télévision (LRTV).

A. D’abord par deux définitions.

  • La publicité. « toute annonce publique diffusée visant à favoriser la conclusion d’un acte juridique concernant des biens ou des services, à promouvoir une cause ou une idée, ou à produire tout autre effet souhaité par l’annonceur ou par le diffuseur en échange d’une rémunération ou d’une contrepartie similaire, ou dans un but d’autopromotion ».
  • L’émission rédactionnelle. Toute émission autre que la publicité (article 2).

B. Puis quelques considérations générales de la LRTV . Pour permettre sa visibilité et son identification, la publicité doit être nettement séparée de la partie rédactionnelle du programme et sa nature publicitaire doit être clairement identifiable. Les collaborateurs des émissions ne doivent pas se produire dans ses émissions publicitaires (article 9). La publicité clandestine et la publicité subliminale sont interdites (article 10) et  la publicité doit en règle générale être insérée entre les émissions rédactionnelles et diffusée en écrans (article 11).

 

III. Les images, triées selon l’ordre chronologique.

 

IV. Remarques

  • Mongolfière Audi, affiches Audi, Helvetia, BKW, etc. au premier plan (images 001.JPG, 002.JPG, 003.JPG, 004.JPG)
  • Passage en contre-champ. Mongolfière et panneaux d’affichages Audi et Longines en arrière-plan (005.JPG, 006.JPG, 007.JPG, 008.JPG, 011.JPG)
  • Marque « Gant » cousue sur chandail gris à capuchon (010.JPG)
  • Marque « Gant » cousue sur chandail bordeaux (012.JPG)
  • Fin de l’émission sur le ski et affichage avis lettrage « Cette émission contenait du placement de produit » (013.JPG)
  • Annonce en anglais (« Sponsoring TV ») et nichée dans un coin d’un nombre réduit de parrains, Helvetia, Swisscom, Audi et BKW (015.JPG, 016.JPG, 017.JPG, 018.JPG).
  • Début émission sur le tennis. Bandeau horizontal inférieur «RTS SPORT LES JOURNALISTES SONT HABILLÉS PAR GANT » (019.JPG, 020.JPG)

 

V. Approfondissement du sujet