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La France interdit à Jcdecaux de surveiller le téléphone des passants

Nous savions déjà que depuis 2015, la SGA et Jcdecaux développaient ensemble un nouveau type de procédé publicitaire extérieur capable de détecter, d’enregistrer et de transmettre le regard des passants. Après deux ans de dispute, en France, le pouvoir judiciaire vient d’interdire à Jcdecaux de surveiller les téléphones portables des passants. Cette décision de justice rassure certainement nos amis Français, mais elle nous inquiète, car Jcdecaux possède 30 % de la SGA. Depuis 2015, la SGA et Jcdecaux développent des procédés publicitaires ayant été interdits en France, que se passe-t-il en Suisse ? Ni les élus, ni la presse ne semble enquêter sérieusement sur ces pratiques.

Décès de l’instigateur de la publicité près des bus

Jean-Claude Decaux, fondateur de l’agence de publicité Jcdecaux est décédé à l’âge de 78 ans.  En cinquante ans, Decaux avait réussi à faire de son agence le numéro un mondial de la publicité extérieure (affiches, panneaux lumineux, habillage de transports publics).

A l’âge de 15 ans, il s’était lancé dans l’affichage publicitaire en recouvrant les murs de sa ville natale de publicités vantant la boutique de son père. Encouragé par la réussite de cette première expérience, il avait monté sa propre société d’affichage trois ans plus tard. En 1964, il proposait aux villes françaises de construire ce que l’on appelait encore des aubettes, les abris où en cas d’intempérie les usagers des transports en commun attendaient l’arrivée du véhicule, en échange de l’exclusivité de l’affichage publicitaire à ces endroits. Decaux déposa son invention l’Abribus, comme marque et le mot entra dans le langage courant par antonomase. Aujourd’hui encore, de nombreux français utilisent le mot abribus, ce qui n’est pas le cas en Suisse.

Par la suite, l’entreprise Jcdecaux a par la suite étendu ce procédé publicitaire au reste du mobilier urbain (toilettes publiques, conteneurs de détritus, kiosques à fleurs, kiosques à  journaux, bancs publics, candélabres, giratoires, trottoirs, etc.). Catalogue à l’appui, l’agence publicitaire a proposé « son ameublement urbain » aux municipalités en échange de la concession de l’affichage publicitaire sur leur territoire public.

En France, Jcdecaux a également récupéré l’idée du vélo en libre-service au profit de la même formule publicitaire. En 2007, l’entreprise lançait le vélib à Paris.