La SGA dégage 70,5 millions de francs de bénéfices en 2016

SGA propriété de Jcdecaux à hauteur de 30 % du capital, a fait bondir son bénéfice net de près d’un tiers en 2016. Il s’élève à 70,5 millions de francs. Les recettes en Suisse ont augmenté de 0,4% : 303,4 millions. En Serbie, où la SGA colonise aussi du territoire, les actifs de l’entreprise ont progressé de 10,7% à 11,9 millions de francs. Elle y opère  sous le nom d’Alma Quattro et elle est en situation de quasi monopole (ats, 28 février 2017).

Une étude invite la SSR à renoncer à la publicité

Alors que la presse suisse a perdu plusieurs de ses titres et que l’hécatombe se poursuit, le Centre d’évaluation des choix technologiques TA-SWISS vient de publier les résultats d’une étude intitulée « Médias et formation de l’opinion » (Medien und Meinungsmacht)  qui risque ne de ne pas plaire aux maîtres d’orchestre du système publicitaire suisse.[1]Ce Centre a pour objectif de suivre les évolutions et développements technologiques et de déceler les conséquences sociales, légales et éthiques des nouvelles technologies. Il a également pour mission de favoriser le débat autour des enjeux scientifiques et technologiques. Affilié aux Académies suisses des sciences, c’est un organe de conseil mandat est ancré dans la Loi fédérale sur la recherche. Estimant que dans une démocratie directe, les citoyens sont appelés à voter sur des questions complexes, une information variée et de qualité est indispensable, le Centre d’évaluation suggère que Les médias, qui fournissent une partie de cette l’information, ne doivent pas dépendre des intérêts des annonceurs qui diffusent leurs publicités dans les médias.[2]La publicité présente par exemple un quart des revenus de la SSR Selon l’étude, il est temps « [d’]envisager une renonciation à la publicité et au sponsoring [soutien financier] »

Pour approfondir, lire le résumé de l’étude « Médias et formation de l’opinion ».

 

Notes   [ + ]

1. Ce Centre a pour objectif de suivre les évolutions et développements technologiques et de déceler les conséquences sociales, légales et éthiques des nouvelles technologies. Il a également pour mission de favoriser le débat autour des enjeux scientifiques et technologiques. Affilié aux Académies suisses des sciences, c’est un organe de conseil mandat est ancré dans la Loi fédérale sur la recherche.
2. La publicité présente par exemple un quart des revenus de la SSR

Granini donateur de l’Administration des finances du Canton de Fribourg

Les finances de l’État de Fribourg pourraient se porter mieux. Elles comptabilisent un volume d’ investissements nets de  155, 9 millions de francs,  en nette hausse par rapport  au  montant retenu au budget 2016 ( 129,6 millions de francs) et un bénéfice d e 0,5 million de francs. Heureusement, Granini continue de soutenir la cafétéria de l’Administration des finances en leur fournissant des verres gratuits. Ne les laissons pas supporter seuls ce fardeau ! Apportons nos verres à la rue Joseph-Piller 13. Ceux qui ont oublié leur badge d’entrée peuvent passer par la porte de service, sis le passage qui sépare « l’Afin » et la synagogue.

Les algorithmes et la publicité

Résumé d’une table ronde enregistrée à la Sorbonne dans le cadre du forum « L’année vue par les sciences », le 25 février 2017. Cette session, retransmise sur les ondes de France culture, s’articule autour de la question « le numérique fait-il de nous des numéros ? », mais le système publicitaire y est discuté à plusieurs reprises.

Dans un premier temps, les intervenants rappellent que nos sociétés générèrent des masses énormes de données que nous ne pouvons pas traiter seul. Nous recourons donc aux algorithmes, des méthodes de calcul qui transforment ces données en information utilisable de manière pratique. Or, l’usage des algorithmes a une seconde conséquence, moins positive. En utilisant les algorithmes, on abandonne la rationnalité qui liait les phénomènes à leurs causes, pour glisser vers une pseudo-rationnalité purement statistique et inductive, qui observe des corrélations au sein des masses énormes de données.

C’est à dire qu’on utilise des algorithmes prédictifs qui vont établir des corrélations et on va utiliser ces corrélations pour faire de la prédiction et on va utiliser la prédiction pour proposer des publicités qui correspondent à votre profil par exemple. C’est ce qu’on appelle le profilage.

Le phénomène est ancien et il est lié au fait de rémunérer du contenu à l’audience. C’est typiquement ce que fait la publicité. Par exemple, les chaînes de télévision cherchent à montrer au téléspectateur ce qui le frappe. Pas nécessairement ce qui lui plaît. On ne souhaite pas toujours regarder tel épisode violent ou superficiel dans les journaux ou dans les publicités, mais il arrive qu’on le regarde quand-même. L’homme est faible de ce point de vue et les publicitaires abusent de cette faiblesse, parce qu’ils peuvent en dégager un profit.

La relation entre algorithmique et publicité est coupable selon trois volets. Le revenu publicitaire qui cherche à faire de l’audience ; les entreprises hyper-centralisées sur les réseaux (Facebook, Twitter) ; le fait que ces entreprises détiennent de nombreuses données sur vous. Plutôt que de vous présenter du contenu tel qu’il vient et qui peut vous plaire ou pas, les éditeurs de contenu ne vous présentent que ce qui est susceptible de vous plaire, plutôt frapper votre esprit, pour que vous restiez à regarder soit parce que ça vous procure du réconfort, soit parce que vous trouvez ça scandaleux. Cette logique vous enferme dans une bulle contrôlée par la statistique et la surveillance.

Notre société est dite d’information, car chez nous la plupart des personnes peuvent accéder à l’information directement, seuls. Ne gagnant pas assez d’argent en proposant de l’information aux individus, les médias et les plates-formes en ligne préfèrent s’informer sur les individus pour les proposer comme des ressources aux annonceurs. Mais un individu n’est une ressource exploitable que s’il est attentif. Aussi, les entreprises se disputent non pas pour nous fournir une information susceptible de vraiment nous intéresser, mais pour nous présenter une information capable d’attirer notre attention, ce qui est problématique, puisque elle nous distrait des vrais enjeux de société.

En outre, les gens se rendent de plus en plus compte qu’ils font l’objet d’une surveillance continue. Cette conscience d’être surveillé induit des changements intimes dans la façon de penser. On s’interdit certains schémas de pensée — au cas où. Certains publicitaires s’en sont aperçus. Lorsque la publicité est trop ciblée, trop personnalisée, on clique moins volontiers dessus, parce qu’on la trouve douteuse. Alors on nous propose des publicités en partie ciblées et présentant aussi une partie dont le contenu n’est pas ciblé, à dessein, pour nous faire oublier la partie ciblée. Les publicitaires nous administrent ainsi un contenu dont l’élément toxique est dilué pour qu’on ne s’aperçoive pas qu’on ingère du poison. Le poison cependant est bien présent, il est juste invisible. Benjamin Bayart propose de s’attaquer à cette toxicité par un geste politique qui consisterait en premier à reprendre le pouvoir sur les grandes plates-formes en ligne en les interdisant. Antoinette Rouvroy de son côté propose d’obliger les grands acteurs des données de masses à ne pas conserver les données de sorte à ce qu’ils ne puissent pas exercer le pouvoir de monopole que cette possession leur permet aujourd’hui.

Neo Advertising nommé nouveau censeur de la publicité à Genève

Depuis 2012, la ville de Genève contrôlait les affiches publicitaires visibles sur son territoire par le biais d’une Commission de censure (le Courrier du 2 mars). De récentes controverse ont éclaté à cause de l’opacité des décisions de la commission. A plusieurs reprises le Préposé cantonal à la Protection des données et à la Transparence a demandé à la commission de rendre son fonctionnement et ses critères de censure publics, sans succès. L’organe exécutif genevois, le Conseil administratif a décidé de dissoudre la Commission de censure, parce que son activité faisait passer la Ville pour une autorité de censure ce qui donnait une mauvaise image auprès du public. Le Conseil administratif a confié n’a pas tout à fait éliminé la censure puisqu’il l’a en fait confié à un tiers, l’entreprise privée Neo Advertising, qui après la SGA, est aussi le nouveau diffuseur publicitaire de la Ville. La justification de cette décision laisse perplexe. Si l’image de la Ville était devenue mauvaise, n’est-ce pas moins dû à la censure qu’à son opacité. N’aurait-il pas suffit de révéler au public comment la Commission de censure prenait ses décisions ? La dissolution de la Commission n’a pas supprimé la censure, elle l’a confiée à l’entreprise privée qui diffuse la publicité qu’elle doit juger. Rien ne garantie que Neo Advertising, une entreprise qui ne publie presque aucune information à son sujet, fasse preuve de plus de transparence dans ce domaine, sans même parler d’efficacité.

Migros en faveur du barbouillage des affiches publicitaires

En octobre 2016, Migros était condamnée pour publicité mensongère alors qu’un mois plus tôt, la Municipalité de Fribourg sommait Coop de retirer des publicités illégales en vieille ville de Fribourg. A présent, Migros fait de la surenchère avec une nouvelle campagne qui invite à les passants à s’approprier les dispositifs publicitaires de la SGA. En cherchant à interagir avec les gens par un message ambiguë, Migros prend des risques. Sachant que l’immense majorité des gens ne savent pas comment ces dispositifs sont arrivés sur les trottoirs, quel est leur propriétaire et que les instigateurs de cette campagne sont dotés d’un goût prononcé pour le deuxième degré, on risque de retrouver les affiches recouvertes de toutes sortes de « souvenirs » un de ces jours. Migros devra alors prendre ses responsabilités et participer au paiement de la facture.

 

A Genève, l’Université et l’HESSO déploient une affiche de plus de 100 mètres carrés

Une immense affiche publicitaire de plus de 100 m2 recouvre une des façades de l’Hepia, une haute école située au no 4 de la rue de la Prairie à Genève. Quand on sait que l’établissement forme les spécialistes techniques de demain, pas seulement les informaticiens et les électroniciens, mais aussi ceux de domaines comme l’architecture du paysage, de l’agronomie et de la gestion de la nature, on a de quoi s’inquiéter. La pose de cette  affiche gigantesque, probablement une des plus grandes de Suisse romande n’a fait l’objet d’une lever de boucliers ni auprès des étudiants, ni auprès des enseignants. Les automobilistes eux admirent le graphisme impeccable et essaie de déchiffrer le lettrage tout en essayant d’éviter un accident.

 

La participation politique des jeunes en un post seulement

La plateforme engage.ch propose aux jeunes de 16 à 25 ans de participer à la politique suisse à l’échelle nationale en y publiant des idées de projets par soumission en ligne. Les projets publiés pourront alors être partagés sur les réseaux sociaux, dans l’idée d’encourager un échange entre les jeunes adultes, et « likés », établissant un classement des idées les plus populaires. Au terme de la campagne de 5 semaines, une seconde sélection est effectuée par un groupe de conseiller-ère-s nationaux, qui s’engagent à porter les idées devant le parlement.

Le projet a fait l’objet d’un campagne publicitaire via des tracts, du contenu en ligne et de l’affichage public en partenariat avec la SGA. En voulant utiliser des méthodes issues du marketing commercial, cette initiative ne convainc pas. «Tu peux changer la Suisse avec un post.» Les slogans utilisés veulent faire de l’engagement politique une expérience simplifiée, tout comme un repas pré-cuisiné veut nous éviter le tracas de devoir préparer les ingrédients. Il faut se rendre compte que derrière une idée « simplement » publiée sur la plateforme, il y a un travail administratif et législatif nécessaire pour la mettre en œuvre. Il faut se rendre compte également qu’un projet a besoin d’être débattu avec les populations qui en sont concernées.

En tant que tel, la plateforme engage.ch semble plutôt être un moyen aux conseiller-ère-s nationaux de récupérer des idées à défendre. Elle paraît se limiter à un exercice de présentation des politicien-ne-s auprès de la population jeune, légitimant leur position en voulant «assumer leur rôle de défenseur des jeunes».