Samedi 25 mars à Lausanne et Genève : Journée mondiale contre la publicité

Samedi prochain, c’est la journée mondiale contre la publicité. Cette journée d’action organisée symboliquement le jour de l’anniversaire de l’acquittement du collectif des déboulonneurs prend cette année une nouvelle forme avec la création du réseau Subvertisers international (Subvercitaires international) et avec le mot d’ordre #SubvertTheCity.

En Suisse, deux collectifs, le CLIP et le GLIP, s’associent à cette démarche et vous proposent de venir participer à une visite guidée de la publicité dans la ville samedi 25 mars. A Lausanne, la visite commencera à 11 heures à la place de l’Europe. A Genève, elle débutera à 15 heures à la place des Volontaires. Pendant environ une heure, nous déambulerons dans les rues du centre et nous nous arrêterons devant plusieurs dispositifs publicitaires afin de constater et discuter ensemble de l’emprise de la publicité sur l’espace public et sur nos imaginaires.

Cette action non-violente, conviviale et inclusive est ouverte à toutes et à tous, son but de susciter la réflexion et le débat. Parlez-en autour de vous et venez nombreux !

La CIA pirate les appareils connectés. Les annonceurs se réjouissent

Les annonceurs disposent à présent d’une nouvelle source de données privées. Alors que l’affaire Snowden a pour ainsi dire disparu des discussions helvétiques, le 7 mars, Wikileaks révélait que la CIA pirate les appareils connectés à Internet (téléphones portables, téléphones fixes, téléviseurs, enceintes, etc.) à une échelle mondiale. Cette attaque à échelle mondiale a été réalisée grâce à des virus qui se propagent d’appareil en appareil et qui, l’appareil infecté, fonctionnent comme des mouchards. On peut alors contrôler les appareils à distance, c’est à dire télécharger toutes les données qui s’y trouvent, le transformer en micro…  Bien-sûr, la CIA n’est pas le seul service de renseignements à mettre en œuvre pareil surveillance. Avec le dernier amendement de la loi sur le renseignement, les services suisses recourent aussi à ce type de mouchard en toute légalité. Pour ceux qui s’intéressent à la place de la publicité dans notre société, les révélations de Wikileaks posent deux problèmes. Premièrement, les diffuseurs de publicités peuvent obtenir ces données parce que les mouchards mis en place par la CIA — mais peut-être aussi ceux des services de renseignements suisses — ont été piratés à leur tour par d’autres informaticiens. Deuxièmement, ils arrivent fréquemment que l’État partage une partie des données qu’il récolte avec des entreprises à des fins publicitaires. En Suisse, la Confédération partage par exemple les données des feu de circulation avec la SGA. Et alors ? Et alors grâce à ces données et d’autres, comme celles que Swisscom et les prestataires de données GPS lui fournissent, ils décident de l’emplacement des affiches et des écrans publicitaires, car ils savent où les gens se trouvent, à quel moment et combien de temps ils s’y trouvent. Qui peut alors garantir que la CIA ou les renseignements suisses ne revendent pas de telles données à des tiers ?

Vingt mille clients de Swisscom et Migros piratés

Un article paru dans le Temps vendredi 10 mars révélait que les données d’accès (nom d’utilisateur et mot de passe), l’adresse IP de leur routeur de vingt mille clients de Swisscom et Migros (M-Budget) ont été volées par des pirates informatiques. Ces données concernent les clients des services téléphoniques des deux entreprises suisses qui estiment peu probable que les données subtilisées soient utilisées à des fins abusives. A en croire Swisscom et Migros, le vol de ces données est sans mobile. Aucune enquête interne ni aucune analyse des profils des victimes ne sont prévues. On sait pourtant que souvent, ces attaques informatiques cherchent à obtenir ce type de données à des fins publicitaires. Une hypothèse qui n’a été évoquée ni par les deux opérateurs de télécommunication ni par le journaliste de l’article paru dans le Temps. On s’étonne du mutisme de Swisscom et de Migros sachant qu’ils figurent parmi les plus grands trafiquants de données privées de Suisse. Un trafic des données dont ils peuvent tirer meilleur parti grâce à l’usage de la téléphonie IP justement.[1]Technologie qui fait passer les communications téléphoniques par Internet. D’ailleurs, on s’interroge sur le fait que le journaliste de l’article paru dans le Temps, n’aient pas mentionné non plus que le vol n’a pu avoir lieu que grâce au recourt à la téléphonie IP. Swisscom a déjà largement implémenté cette technologie prévoit de l’imposer sur l’ensemble du territoire d’ici la fin de l’année. C’est le cas également des autres opérateurs suisses comme Salt, Orange ou Green, qui eux aussi sont des clients de Swisscom. Malheureusement, il n’existe à l’heure actuelle aucun moyen efficace de se protéger pour l’utilisateur de la téléphonie IP.

Notes   [ + ]

1. Technologie qui fait passer les communications téléphoniques par Internet.

Swisscom et son Admeira(ble) base de données

Dès le 1er avril, Admeira, coentreprise publicitaire de Swisscom, de la SSR et de l’éditeur Ringier, entrera en possession des données anonymisées des clients du réseau fixe de Swisscom. (La Liberté, jeudi 9 mars 2017). Bien qu’il n’est pas possible d’en tirer des conclusions directes sur une personne, Admeira veut utiliser ces données a des fins publicitaires ciblées.

La clause de renonciation (ou « opt-out ») est possible, les clients privés ont donc la possibilité de s’opposer à l’utilisation à des fins publicitaires de leurs données et de refuser l’envoi de publicité à leur adresse. Alors que cette option n’existait jusqu’ici que par téléphone, elle est désormais possible en ligne par quelques clics de souris. Sur ce point, nous serions tenté de les remercier de nous simplifier la tâche… mais au final nous ne pouvons que regretter que Swisscom ne propose pas plutôt une clause d’acceptation (ou « opt-in »). Laissons la publicité à ceux qui la réclame!

A noter que dès l’été prochain, Swisscom prévoit une utilisation plus étendue des données clients. Restons vigilants…

 

 

Le groupe « Chocolats suisses et maison coloniale » fait de la publicité intégrale à la gare de Lausanne

En février 2015, Sunrise s’était essayé à « la publicité intégrale », qui consiste grosso modo à faire son possible pour occuper l’intégralité des espaces. Finalement, deux partis, les Verts et la Gauche avaient lutté contre la prolifération de la publicité dans les transports publics. Des espaces privés recourent parfois à la même technique, comme cette succursale de Kkiosque à la gare de Lausanne.

Kkiosque appartient au groupe Valora Management, qui possède Naville et Selecta et dont les origines remontent à 1901, lorsque l’entreprise d’Olten s’appelait encore « Chocolats suisses et maison coloniale » (Schweizer Chocoladen & Colonialhaus).

La SGA dégage 70,5 millions de francs de bénéfices en 2016

SGA propriété de Jcdecaux à hauteur de 30 % du capital, a fait bondir son bénéfice net de près d’un tiers en 2016. Il s’élève à 70,5 millions de francs. Les recettes en Suisse ont augmenté de 0,4% : 303,4 millions. En Serbie, où la SGA colonise aussi du territoire, les actifs de l’entreprise ont progressé de 10,7% à 11,9 millions de francs. Elle y opère  sous le nom d’Alma Quattro et elle est en situation de quasi monopole (ats, 28 février 2017).

Une étude invite la SSR à renoncer à la publicité

Alors que la presse suisse a perdu plusieurs de ses titres et que l’hécatombe se poursuit, le Centre d’évaluation des choix technologiques TA-SWISS vient de publier les résultats d’une étude intitulée « Médias et formation de l’opinion » (Medien und Meinungsmacht)  qui risque ne de ne pas plaire aux maîtres d’orchestre du système publicitaire suisse.[1]Ce Centre a pour objectif de suivre les évolutions et développements technologiques et de déceler les conséquences sociales, légales et éthiques des nouvelles technologies. Il a également pour mission de favoriser le débat autour des enjeux scientifiques et technologiques. Affilié aux Académies suisses des sciences, c’est un organe de conseil mandat est ancré dans la Loi fédérale sur la recherche. Estimant que dans une démocratie directe, les citoyens sont appelés à voter sur des questions complexes, une information variée et de qualité est indispensable, le Centre d’évaluation suggère que Les médias, qui fournissent une partie de cette l’information, ne doivent pas dépendre des intérêts des annonceurs qui diffusent leurs publicités dans les médias.[2]La publicité présente par exemple un quart des revenus de la SSR Selon l’étude, il est temps « [d’]envisager une renonciation à la publicité et au sponsoring [soutien financier] »

Pour approfondir, lire le résumé de l’étude « Médias et formation de l’opinion ».

 

Notes   [ + ]

1. Ce Centre a pour objectif de suivre les évolutions et développements technologiques et de déceler les conséquences sociales, légales et éthiques des nouvelles technologies. Il a également pour mission de favoriser le débat autour des enjeux scientifiques et technologiques. Affilié aux Académies suisses des sciences, c’est un organe de conseil mandat est ancré dans la Loi fédérale sur la recherche.
2. La publicité présente par exemple un quart des revenus de la SSR