Excursion publicitaire à Berne

Le système publicitaire suisse n’épargne pas la ville fédérale, comme on peut le voir sur ces quelques clichés pris entre la gare et l’arrêt Aegertenstrasse de la ligne de bus no 19. Plusieurs grands panneaux d’affichage électroniques et une bannière royale dominent le hall principal de la gare ferroviaire. Le site est plus grand que celui de lausanne et les couloirs sont plus vastes. Les grandes artères sont séparées une paroi de panneaux d’affichages de la Société générale d’affichage (SGA). Des panneaux d’affichage, des procédés rétro-éclairés et des vitrines bordent chacune des deux allées. Dehors, une immense aubette vitrée recouvre la place de la gare (Bahnhofplatz), où se trouvent plusieurs constructions rouges de la SGA, des murets placardés d’affiches publicitaires, une cage d’ascenseur et une cage d’escalier. Comme à Lausanne, les arrêts de bus et de tramway sont équipés d’aubettes et d’affiches publicitaires. Seulement, certains des panneaux appartiennent à Clear Channel, qui a réussi à obtenir une partie du marché aux dépends de la SGA, contrairement à Lausanne. Hélas, cette diversité toute relative ne semble par avoir d’effet sur le contenu des messages ni sur la démographie des réclames. L’intérieur des bus de la ligne 19 ressemble grosso modo à celui des transports lausannois, hormis l’autocollant qui tapisse le plancher et qui rappelle la malheureuse campagne de l’opérateur Sunrise. D’ingénieuses petites pancartes jouent à la balançoire au gré des accélérations et des décélérations. Quelques autocollants translucides freinent la progression des rayons de soleil et tentent de détourner l’attention des passagers qui regardent des mômes s’amuser sur le tapis de jets d’eau qui recouvre la Place fédérale (Bundesplatz).

Le danger des élections cantonales 2017

« Les réclames et autres annonces qui pourraient créer une confusion avec les signaux et les marques ou compromettre d’une autre manière la sécurité de la circulation, par exemple en détournant l’attention des usagers de la route, sont interdites sur les routes ouvertes aux véhicules automobiles ou aux cycles, ainsi qu’à leurs abords. »
Article 6 de la Loi fédérale sur la circulation routière (LCR)

Dans la section « Dangers » de notre site, nous avons montré comment les procédés de réclame, quelque soit leur contenu, créent une confusion avec les signaux et les marques des voies de communication et comment ils compromettent la sécurité de la circulation des piétons, des automobiles et des cycles.

La campagne pour les élections cantonales du 30 avril nous donnent l’occasion d’étendre nos critiques aux procédés de réclame politique placardés par les partis, toutes couleurs confondues, comme on peut le constater sur les photographies ci-dessous. Les campagnes électorales, pas plus que les autres actions de publicité, ne devraient mettre en danger les usagers des voies de communication. Tous les partis et toutes les communes sont pourtant au courant de la législation, puisqu’ils reçoivent chaque année un « guide pour un affichage politique respectueux de la sécurité routière »  depuis 2015. Le document est même visible sur la page d’accueil des élections cantonales de cette année. Les communes tolèrent plus ou moins ce qu’elles appellent souvent « l’affichage sauvage ». [1]Pourtant, comme on peut le voir sur certaines de ces photographies, plusieurs affiches politiques ne font pas partie de la catégorie « sauvage » puisqu’il s’agit d’affiche de la SGA. Le danger existe donc indépendamment des campagnes électorales. La plupart des groupes d’intérêts, la presse et les directions des établissements scolaires s’en moquent. La police et la gendarmerie eux ferment les yeux.[2]Alors pourtant qu’elles invitent les usagers de la route à rester attentif à travers plusieurs campagnes de sensibilisation. Par exemple, http://www.apol.ch/N1060/chercher-le-regard.html, http://www.apol.ch/N1081/feux-allumes.html, http://www.apol.ch/N1206/garde-les-yeux-sur-la-route.html.

Notes   [ + ]

1. Pourtant, comme on peut le voir sur certaines de ces photographies, plusieurs affiches politiques ne font pas partie de la catégorie « sauvage » puisqu’il s’agit d’affiche de la SGA. Le danger existe donc indépendamment des campagnes électorales.
2. Alors pourtant qu’elles invitent les usagers de la route à rester attentif à travers plusieurs campagnes de sensibilisation. Par exemple, http://www.apol.ch/N1060/chercher-le-regard.html, http://www.apol.ch/N1081/feux-allumes.html, http://www.apol.ch/N1206/garde-les-yeux-sur-la-route.html.

Journée mondiale contre la publicité : des Lausannois se réunissent et agissent

Samedi 25 mars — Lausanne. Un petit groupe de publisceptiques s’est interrogé sur le système publicitaire le temps d’une promenade dans les rues de la métropole vaudoise. Cette visite guidée sur l’affichage publicitaire organisée par le CLIP à l’occasion de la Journée internationale contre la publicité a battu le bitume a été l’occasion de discuter du rôle des affiches publicitaires dans l’aménagement du territoire et de prendre la mesure du fossé qui sépare le discours publicitaire sur les produits et les qualités réelles de ces produits.

Le même jour, un collectif indépendant a répondu à l’appel à l’action directe qu’avaient  lancé les Subvertisers international. Des affiches rétro-éclairées ont été recouvertes d’œuvres artistiques et de messages subversifs, comme l’illustrent ces photographies.

La publicité commerciale à la rescousse du délitement social

Il y a une trentaine d’années, des publicitaires ont eu une idée brillante, mettre « gratuitement » des véhicules à disposition d’associations, de communes. Gratuitement ? Pas tout-à-fait. Les usagers du véhicule se chargent de faire le plein, d’en prendre bien soin et, surtout, de le conduire, que les annonceurs étendent la publicité de leur enseigne autant que possible.

Fortuna publicité SA fait partie des entreprises qui ne vivent que de ce type d’activités, grâce à un réseau d’associations et de communes dont font partie Pully, Lutry, Nyon, Val-de-Travers, Sion, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et l’Association d’Entraide familiale et accueil de jour des enfants du Gros-de-Vaud et environs.

Comme la Fondation BVA, Fortuna publicité SA se fait une fierté de proposer ses services aux associations caritatives et aux communes et de participer au bien commun, comblant ainsi le vide indigne laissé par la société civile et l’État, photographies à l’appui !

 

Entretien radiophonique avec le GLIP

(source : GLIP, glipantipub.wordpress.com)

Le 25 mars, le conseiller municipal genevois Emmanuel Deonna (Parti socialiste) et le collectif Genève libéré d’invasion publicitaire (GLIP) sont intervenus sur les ondes de Libradio le 5 mars à l’occasion de la Journée mondiale contre la publicité. Le GLIP a présenté une ballade de déchiffrage de la réclame qu’elle a organisé le jour même dans la Cité de Calvin.

Emmanuel Deonna a par ailleurs rappelé les récentes critiques du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies vis-à-vis des stratégies développées par le système publicitaire. [1]Voir par exemple http://www.ohchr.org/FR/Issues/droitsculturels/Pages/impactofadvertisingandmarketing.aspx ou le compte-rendu de la rapporteuse, les réponses des États et des organismes. Dans sa réponse, la Suisse y réaffirme la primauté de « la liberté économique », corollaire présumé de la liberté d’expression.

Notes   [ + ]

1. Voir par exemple http://www.ohchr.org/FR/Issues/droitsculturels/Pages/impactofadvertisingandmarketing.aspx ou le compte-rendu de la rapporteuse, les réponses des États et des organismes. Dans sa réponse, la Suisse y réaffirme la primauté de « la liberté économique », corollaire présumé de la liberté d’expression.

Une initiative en faveur d’une ville de Genève sans pub

A Genève, les adversaires de la publicité ont le vent en poupe. Les premiers jours de l’année 2017 ont vu la quasi totalité des affiches publicitaires de la cité de Calvin se parer de blanc. Le 11 mars, le Glip, un collectif antipub de Genève organisait une soirée de soutien à l’Écurie. Dimanche passé, le collectif a proposé une visite iconoclaste des réclames à l’occasion de la Journée mondiale contre la publicité et voilà que cette semaine, le Réseau objection de croissance (ROC) et l’association Quartiers collaboratifs, lancent une initiative populaire municipale intitulée « Genève zéro pub ». Les initiants ont 40 jours pour récolter les 4000 signatures nécessaires à la poursuite de la procédure de consultation.