Notre regard n’est pas à vendre. Nos oreilles non plus !

Nouveau danger plutôt inattendu pour notre attention dans les rues : les voitures électriques !

En effet, cette « révolution » technologique de l’industrie automobile nécessite l’introduction de nouvelles lois, ce dont les compagnies industrielles comptent bien tirer profit. On connaissait déjà la subvention par l’État aux acheteurs d’une voiture électrique, sous couvert que ce type de véhicule est plus écolo. On connaissait aussi la menace de contrats d’installation massives de bornes de recharge électriques financées par des fonds publics. La dernière trouvaille ? la nécessité de rendre les voitures électriques bruyantes !

En effet, l’argument apprécié du silence des voitures électriques se retourne ironiquement contre elles, et il est demandé aujourd’hui qu’elles émettent un bruit pour que les piétons (particulièrement les malvoyants) puisse détecter leur arrivée. Si l’Union européenne, qui légifère déjà sur le sujet, veut d’abord que les voitures soient audibles pour des raisons de sécurité, les options semblent plus larges aux Etats-unis, où possibilité sera laissée de définir un bruit « reconnaissable » selon la marque de la voiture. Ce que les concepteurs de sons et les fabricants d’automobiles voient bien comme une occasion à ne pas manquer : « Les voitures électriques nous permettent d’inventer du son avec la plus totale liberté ! ». Il s’agit ici de profiter, en parallèle de l’introduction d’une nouvelle loi, d’un vecteur de transmission d’information encore peu utilisé dans l’espace public, afin de renforcer l’identité des marques d’automobiles de manière plus efficace, « les sons étant des vecteurs de familiarité, stimulant plus particulièrement la mémoire positive ». Un créateur de son relève même cyniquement que « l’homme peut fermer les yeux, mais pas les oreilles ! »

Des agences de pub sonore préparent donc l’arrivée prochaine d’une symphonie commerciale dans nos villes et nos campagnes, qui viendront mêler les mélodies des voitures à celles des sonneries des téléphones portables et des enseignes commerciales qui occupent déjà notre quotidien. Or, si l’on prend en compte le risque de prolifération des voitures électriques ces prochaines années, on redoute plutôt l’arrivée d’une cacophonie de signaux sonores destinés à nous rappeler subrepticement telle ou telle marque de fabricant automobile ! Lubie paranoïaque ? Rien n’est moins sûr. L’industrie automobile considère le son émis par les moteurs comme un marqueur identitaire des véhicules et travaille à  son optimisation depuis longtemps déjà. Vous n’avez qu’à penser au bruit tonitruant de certaines motos pour qu’une marque particulière vous vienne à l’esprit comme par enchantement…

Du reste, la commercialisation du son des voitures électriques cache d’autres instrumentalisations de la part des grandes acteurs de l’industrie automobile. En effet, un certain nombre d’entre eux voient dans la voiture autonome la prochaine étape de l’évolution de leur secteur et ils mettent tout en œuvre pour présenter ce « progrès technique » comme une panacée et en tirer un profit financier sur la base du principe d’obsolescence programmée. De nouveaux produits pourraient s’imposer sur le marché de l’automobile en prétendant garantir la sécurité des usagers de la route, ce qui, à ce jour, reste à prouver tant du point de vue informatique que sur le point de vue de l’ingénierie. Car on se demande si relier un véhicule à un réseau dont quelqu’un pourrait prendre le contrôle à distance serait une bonne idée. Nous ne savons pas non plus si l’intelligence artificielle serait capable de s’adapter à toutes les situations auxquelles sont régulièrement confrontées les véhicules et leurs usagers. Finalement, les véhicules autonomes ne pourrait atteindre un degré de sécurité plus élevé qu’à condition qu’on supprime totalement le facteur humain, qui risque de perturber les interactions entre les véhicules d’une manière ou d’une autre. Or, la suppression du facteur humain ne serait possible que si les véhicules mécaniques et électriques d’aujourd’hui étaient retirés de la circulation de force grâce à une loi… Face à une telle opportunité de marché en friche, il est clair que l’industrie automobile n’hésitera pas à s’engager dans un travail de lobbyisme de masse et de manipulation de l’opinion publique.

Swisscom et le mirage de l’autorégulation

La mise en place par Swisscom, fin novembre, d’un système qui permet le blocage gratuit des appels indésirables peut apparaître, à première vue, comme une victoire pour leurs clients qui n’en peuvent plus de recevoir des appels publicitaires malgré l’apposition d’un astérisque dans le bottin.
En réalité, leur nouvelle offre masque à peine leur volonté d’échapper à une modification de loi qui permettrait de combattre le harcèlement téléphonique plus efficacement et l’opérateur ne cache pas son opposition a une réglementation plus stricte en la matière (le Matin Dimanche, 11 décembre 2016).
Une initiative parlementaire allant dans ce sens est en discussion actuellement. Espérons que nos élu-e-s ne se laisseront pas aveugler par le mirage de l’autorégulation que Swisscom vient de déployer devant nos yeux!

18 janvier 19 h → stamm à Pôle Sud

Date : 18 janvier 2017 à 19 heures

Description : Le stamm mensuel du Clip est un espace de rencontre convivial, gratuit et ouvert à tous. Oui, tous, publicurieux, publicides, publiphobes, publisceptiques, publilogistes et même les publiphiles. On y discute du système publicitaire autour d’un verre, d’un plat de houmous, d’un morceau de pain…

Lieu : Pôle Sud, avenue Jean-Jacques Mercier 3, 1003 Lausanne, 1er étage.

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Consommer moins de l’1nconsolable

On sait que j’ai dû renoncer à me procurer un écran plat,
Ce dernier m’aurait coûté de m’exténuer, de me mettre à plat,
De me tuer à la tâcher 35 heures par semaine, quatre semaines par mois,
Si d’autres ont du temps à perdre ça les regarde, surtout pour un salaire ! Pas moi.
Les repas, moi, je les fais sans caviar, je les fais sans foie gras,
J’aime mieux manger peu mais « sain », que plein de n’importe quoi,
Je préfère oublier mes besoins, créés par la publicité,
Répondre à la nécessité suffit à mes soins,
A prendre soin de moi, car la vie qu’on a nous esquinte,
Ça on sait se plaindre, mais faire le choix de changer reste l’apanage d’une partie restreinte,
j’ai moi songé à en être l’une des voix, et bien voilà !
Et je crois qu’il serait bon d’être exigeant, demander la lune des fois,
Cesser de se contenter de ce qu’on a tant c’est scandaleux
Et par contre tenter de prendre ce qu’on attend à temps, ce serait cent fois mieux
Que de se laisser bercer par ce qu’ils nous racontent,
Je lance un référendum sur le taf en souhaitant que comme moi la masse votera contre !

La suite en musique ?

 

Campagne de publipostage personnalisée du quotidien vaudois 24 Heures

Le mois passé, des anciens abonnés du journal 24 Heures ont reçu dans leur boîte aux lettres une réclame personnalisée. Déguisée en première page, elle affichait le prénom et le nom de famille de la cible dans la titraille. De quoi alimenter le narcissisme du petit Pékin, qui n’a même pas à remplir le bon de commande. Pardi, on l’a rempli à sa place : son adresse, son nom, tout y est. Même la case « oui, je souhaite profiter de cette offre exclusive réservée aux ‘anciens abonnés’ » a déjà été cochée et le bon est déjà affranchi. Si ça se trouve, bientôt les annonceurs n’auront même plus besoin d’obtenir le consentement des consommateurs…

Chaque personne ingurgite 5 000 publicités par jour

5000 publicités par jour. Tel est le régime publicitaire auxquels les annonceurs ont réussi à nous imposer. Certains n’hésitant pas à recourir aux neurosciences pour attirer l’attention des consommateurs. Ils cherchent par exemple à identifier les signaux sonores et lumineux les plus susceptibles de captiver les propriétaires d’ordiphones. C’est que la compétition entre annonceurs se fait rude. Un consommateur regarderait son téléphone portable en moyenne 150 fois par jour. Or, un individu voit environ 5 000 publicités chaque jour (dix fois plus qu’il y a dix ans).

L’occupation publicitaire

Selon Karelle Ménine, « dans les rues, les seuls textes autorisés, les seules paroles écrites qui peuvent s’afficher sont ceux de la publicité ». Alors, l’année passée, elle a rédigée une poésie en prose de dix kilomètres dont elle a habillé la ville de Mons. Et pendant quelque temps, le « mobilier urbain » a changé de mode. Enfin, les affaires de l’esprit l’ont emporté sur l’esprit des affaires. A quand des répliques en Suisse ?