Présentation

Le Collectif de libération de l’invasion publicitaire (Clip) a été créé en 2015 en Suisse à Lausanne. Son champ d’activité concerne la réflexion sur la place de la publicité dans notre société et la lutte contre certains de ses dangers.

Pendant longtemps, nombreux sont ceux qui ont cru qu’une chose était vraie parce qu’elle était écrite dans le journal. Certains le croient encore. Mais aujourd’hui, on doute davantage de l’information contenue dans les médias. Cette remise en question ne trouve pas son origine dans le retour d’une sagesse populaire attachée au doute. La majorité des acteurs du système médiatique n’ont pas non plus révélé au public les rouages de leur fabrique du consentement. Si la méfiance vis-à-vis des médias s’est accrue, c’est surtout grâce aux efforts d’individus extérieurs au système, à leurs efforts d’analyse et leur travail d’information [1]Par exemple, les Annales Qualité des médias Schweiz, Suisse, Svizzera de  Kurt Imhof ; Les Nouveaux chiens de garde de Serge Halimi ; le chapitre 5 du Petit cours d’autodéfense intellectuelle de Normand Baillargeon ; La Société du spectacle de Guy Debord, Sur la télévision de Pierre Bourdieu ou La Fabrique de l’opinion publique de Noam Chomsky et Edward Herman. Voir les ressources documentaires pour davantage d’exemples.. A notre petite échelle, nous avons fait vœu de participer à ce travail d’analyse, d’information et de défense de la liberté d’opinion, en mettant à jour un des pivots obscurantiste de notre société — l’industrie publicitaire et son emprise sur notre quotidien. Car, comme nous le montrons sur ce site et comme chacun peut en faire l’expérience, la publicité s’impose à nous par un matraquage de chaque instant. Elle pollue nos esprits en nous aveuglant. Elle dissimule les conditions réelles dans lesquelles les marchandises qu’elle vante sont produites et occulte les conséquences sociales et écologiques de notre hyper-consommation. Son objectif est de nous pousser à l’acte d’achat par tous les moyens et en tous lieux. Par ses techniques de manipulation, elle court-circuite notre entendement, stimule nos instincts les moins nobles, assèche notre imaginaire et voudrait nous faire croire que le bonheur dépend nécessairement de notre pouvoir d’achat.

Le Clip revendique un droit qui nous a été nié jusqu’à aujourd’hui, la liberté de réception, un droit qui empêcherait enfin les acteurs du système publicitaire de déguiser la liberté d’intrusion en liberté d’expression. Nous ne voulons plus être forcés de voir, d’entendre et de sentir la publicité. Nous voulons que le système publicitaire nous voit, nous entende, qu’il nous écoute. Nous avons le choix de lire un journal ou un livre. Nous avons le choix d’écouter la radio et d’allumer la télévision. Mais quel choix avons-nous dans la rue, quand les affiches s’imposent à notre regard ? quand les publicités colonisent notre boîte aux lettres ? quand un téléphoniste nous appelle sur notre téléphone privé, portable ou fixe ? Le Clip cherche à renverser la situation par l’imposition d’une réduction du nombre de dispositifs publicitaires, l’interdiction des installations dangereuses. Les dispositifs publicitaires qui resteront dans l’espace public constitueront un bien commun, un espace d’expression qui devra être accessible aux habitants et remis au service non plus seulement de « l’économie » et de la société de consommation, mais du vivre ensemble, car notre regard n’est pas à vendre ! Car l’économie doit être subordonnée à la vie plutôt que l’inverse.

Pour atteindre ces objectifs, le Clip fait du journalisme d’opinion par un travail de veille, d’analyse de documentation du système publicitaire. Nous menons aussi des actions de rue contre en recouvrant les affiches, en mimant un matraquage  et en menant des actions politiques.

Remarque : Le site du Clip ne conserve aucune trace des visiteurs.

 

 

Notes   [ + ]

1. Par exemple, les Annales Qualité des médias Schweiz, Suisse, Svizzera de  Kurt Imhof ; Les Nouveaux chiens de garde de Serge Halimi ; le chapitre 5 du Petit cours d’autodéfense intellectuelle de Normand Baillargeon ; La Société du spectacle de Guy Debord, Sur la télévision de Pierre Bourdieu ou La Fabrique de l’opinion publique de Noam Chomsky et Edward Herman. Voir les ressources documentaires pour davantage d’exemples.