Archives de catégorie : presse

Action à la gare de Lausanne – Communiqué de presse

Madame, Monsieur,

Nous souhaitons attirer votre attention sur une action de contestation de la publicité dans l’espace public qui a eu lieu ce lundi 25 juin à la gare de Lausanne à l’initiative du Collectif de Libération de l’Invasion Publicitaire (CLIP), actif dans le canton de Vaud. Le 25 mars dernier déjà, à l’occasion de la journée mondiale contre la publicité, nous sensibilisions à l’omniprésence de la publicité dans les lieux de passage en recouvrant les panneaux publicitaires, principalement dans les arrêts des Transports Lausannois sur la ligne du M2.

Pour cette nouvelle action, une dizaine de militant·e·s ont retiré des affiches publicitaires à vocation commerciale des nouveaux panneaux d’affichage lumineux installés dans les couloirs de la gare, et les ont remplacées par des contre-slogans : « Enfin un couloir sans pub ! », « Consommer consume le monde », « Un enfant de 10 ans reconnait 400 marques », « On ne peut pas y échapper », « La pub est partout », « La pub nous conditionne à croire qu’acheter rend heureux », « La pub est le moteur de la surconsommation », etc. Nous avons aussi distribué des tracts (exemple ci-joint) expliquant notre position aux passant·e·s.

Cette démarche vise à interpeller les citoyen·ne·s dans le but de susciter un débat autour de l’omniprésence dans l’espace public de messages publicitaires non sollicités. Face à ce harcèlement permanent, face à ces injonctions à la surconsommation qui participent au dérèglement climatique, face à ces méthodes inspirées de la propagande et visant à manipuler les passant·e·s, face à ce dispositif aux technologies de plus en plus développées et dont la consommation d’énergie croit au même rythme que l’« impact » qu’il cherche à avoir sur les désirs et sur l’imaginaire de ses « cibles », nous revendiquons un droit de non-réception. Comme l’autocollant sur la boite aux lettres ou l’astérisque dans l’annuaire. Bien que la notion d’« espace public » soit discutable pour un lieu qui appartient à une « société anonyme de droit public », nous contestons la place de la réclame dans ce lieu de passage obligé pour les pendulaires et autres usagers et usagères des transports dits « publics ». Nous nous référons à la résolution du Conseil des droits de l’homme ci-jointe, où la Rapporteuse spéciale « s’inquiète de la présence disproportionnée de publicités et du marketing dans les espaces publics, de la quantité sidérante de messages publicitaires et promotionnels que chacun reçoit chaque jour, de la diffusion systématique et intégrée de ces communications à l’aide d’un grand nombre de médias, et l’utilisation de techniques visant à court-circuiter les modes rationnels de prise de décision »1.

L’action s’est terminée avec l’interpellation d’un·e des participant·e·s a par la police, qui a procédé à un contrôle d’identité. Malgré la coopération et la bonne volonté du participant, la police lui a passé les menottes pour l’amener au poste de gendarmerie, ce que nous considérons comme une mesure disproportionnée. Au cours de l’action, de nombreu·x·ses passant·e·s ont manifesté des signes de soutien à l’action : poignées de main, «check» poing contre poing, félicitations et encouragements verbaux, poings levés en signe de résistance, une passante a même poussé la solidarité jusqu’à défendre le sujet interpellé et son droit d’expression face à celui des publicitaires.

A disposition pour tout complément d’information.

Avec nos meilleures salutations,

Collectif de Libération de l’Invasion Publicitaire

 

«Rapport de la Rapporteuse spéciale dans le domaine des droits culturels», Conseil des droits de l’homme, 8 août 2014, p.2.

Analyse publicitaire du journal « 20 minutes »

Introduit en 2006 sur le marché romand, le journal 20 minutes se présentait comme une publication à  destination des jeunes adultes[1]https://www.swissinfo.ch/democratiedirecte/la-guerre-des-quotidiens-gratuits-est-lancée/4805268. L’information y est traitée de manière précise, concise et directe [2]https://www.swissinfo.ch/democratiedirecte/une-bataille-des-journaux-gratuits-en-vue/4736518, c’est à  dire en s’en tenant seulement aux faits, sans les analyser. Distribué gratuitement dans les gares, les points de fort passage et de nombreux établissements, le journal est financé entièrement par la publicité – son éditeur, Tamedia, l’ayant annoncé de manière claire et décomplexée. Cet état de fait étant donc connu de la plupart, je souhaitais  apporter dans cet article un éclairage plus précis sur la quantité et la qualité de la publicité inclue dans le journal. Pour ce faire, j’ai répertorié et analysé  le contenu de 6 éditions romandes du 20 minutes [3]Il s’agit des éditions du 25, 30, 31 août 2016 et 6, 20 et 21 décembre 2016, récupérées lors de mes trajets, sans critères de sélection.. Récapitulatif des mécanismes avantageux que présente cette publication du point de vue des annonceurs.

Continuer la lecture de Analyse publicitaire du journal « 20 minutes »

Notes   [ + ]

1. https://www.swissinfo.ch/democratiedirecte/la-guerre-des-quotidiens-gratuits-est-lancée/4805268
2. https://www.swissinfo.ch/democratiedirecte/une-bataille-des-journaux-gratuits-en-vue/4736518
3. Il s’agit des éditions du 25, 30, 31 août 2016 et 6, 20 et 21 décembre 2016, récupérées lors de mes trajets, sans critères de sélection.

Une étude invite la SSR à renoncer à la publicité

Alors que la presse suisse a perdu plusieurs de ses titres et que l’hécatombe se poursuit, le Centre d’évaluation des choix technologiques TA-SWISS vient de publier les résultats d’une étude intitulée « Médias et formation de l’opinion » (Medien und Meinungsmacht)  qui risque ne de ne pas plaire aux maîtres d’orchestre du système publicitaire suisse.[1]Ce Centre a pour objectif de suivre les évolutions et développements technologiques et de déceler les conséquences sociales, légales et éthiques des nouvelles technologies. Il a également pour mission de favoriser le débat autour des enjeux scientifiques et technologiques. Affilié aux Académies suisses des sciences, c’est un organe de conseil mandat est ancré dans la Loi fédérale sur la recherche. Estimant que dans une démocratie directe, les citoyens sont appelés à voter sur des questions complexes, une information variée et de qualité est indispensable, le Centre d’évaluation suggère que Les médias, qui fournissent une partie de cette l’information, ne doivent pas dépendre des intérêts des annonceurs qui diffusent leurs publicités dans les médias.[2]La publicité présente par exemple un quart des revenus de la SSR Selon l’étude, il est temps « [d’]envisager une renonciation à la publicité et au sponsoring [soutien financier] »

Pour approfondir, lire le résumé de l’étude « Médias et formation de l’opinion ».

 

Notes   [ + ]

1. Ce Centre a pour objectif de suivre les évolutions et développements technologiques et de déceler les conséquences sociales, légales et éthiques des nouvelles technologies. Il a également pour mission de favoriser le débat autour des enjeux scientifiques et technologiques. Affilié aux Académies suisses des sciences, c’est un organe de conseil mandat est ancré dans la Loi fédérale sur la recherche.
2. La publicité présente par exemple un quart des revenus de la SSR

Le journal les Échos propose une édition avec moins de publicités

L’essor des bloqueurs publicitaires poussent les journaux à faire des compromis avec les acteurs du double marché. Une stratégie élaborée par le journal les Échos l’illustre bien. Quand un internaute équipé d’un bloqueur de publicité arrive sur son site, le message suivant est affiché :

Le journal fait donc un pas en avant vers le lecteur qui n’apprécie pas la publicité en lui proposant une édition qui contient moins de publicité. Mais ce n’est pas tout. Alors même qu’il fait un geste dans le sens du lecteur, le journal fait un pas de côté, car sa proposition, c’est aussi un message publicitaire. Un message publicitaire qui fait la promotion d’une édition spéciale de son produit. Grâce à la technique informatique, les Échos arrivent à cibler un segment de la population difficile à atteindre.

La pub sur les réseaux sociaux rattrapera les journaux en 2019

Selon une dépêche Ats, qui relaie une étude de l’agence française Zenith,[1]Zenith appartient au groupe français Publicis. les dépenses publicitaires sur les réseaux sociaux augmentent de 20% par an dans le monde. Elles devraient rattraper celles des journaux en 2019. Aujourd’hui, elle représentent déjà 16% des investissements. La progression correspondra à une augmentation de  72% entre 2016 et 2019, passant de 29 milliards de dollars à 50,2 milliards.

 

Notes   [ + ]

1. Zenith appartient au groupe français Publicis.