Archives de catégorie : genre d’article

Le Grand Sommateur : « On vous vend des salades »

Ah, vous, vous êtes tendu… Dans le monde de fous dans lequel on vit, c’est important de prendre le temps de se recentrer. C’est vrai, quoi : on passe tellement de temps à travailler qu’on n’a plus une minute à soi pour laver la salade. Heureusement, on vous a trouvé la solution en deux temps, et sans que vous ayez à sacrifier votre rythme de vie effréné et passionnant. Parce qu’évidemment, on ne veut pas que vous travailliez moins, parce que vous auriez moins d’argent pour consommer plus, et vous risqueriez de ne pas vouloir l’acheter, notre salade.

Et ça serait mauvais pour votre santé. Vous voyez comme on pense à vous ! C’est pour ça qu’on a importé le yoga, et la méditation (zen, transcendantale, pleine conscience : choisissez votre parfum). La méditation est une pratique ancestrale, et exotique, donc forcément saine. Sainte. Enfin, c’est la même chose. Il faut prendre soin de vous, c’est là qu’on veut en venir. Et c’est pas facile de trouver la bonne approche. C’est vrai, à peine rentrés, il faut se changer, nourrir les animaux/les gosses (biffer ce qui ne convient pas), ne surtout pas manquer le dernier épisode de la série du moment sous peine de passer pour un ringard, et puis ne pas oublier de laver la salade. Quelle plaie ! Trois minutes de perdues, fichues, envoyées aux égouts pas le trou de l’évier.

Heureusement, Anna est là pour vous. Vous savez, votre copine Anna, et sa salade en sachet, toute propre et pure dans son plastique immaculé, un vert des pâturages himalayens qui va vous rendre tout l’équilibre nécessaire à une nouvelle journée de dur labeur. Libéré de la tyrannie du lavage de la verdure, vous aurez enfin le temps de penser à vous.

Vous, le soi, l’individu : vous n’y accordez jamais assez de temps, on se tue à vous le dire. Votre soi, soi-disant, en passant, toujours oublié (c’est bien vous sur l’affiche, non, dans la position du lotus?), mais toujours idolâtré. (On vous le placarde plein les murs, pour que vous n’oubliiez pas de prendre soin de vous.) D’ailleurs, votre soi, on le connaît par coeur, à force de lui revendre son âme. On vous le disait déjà il y a quelques temps : il y a les grillétariens, qui brûlent la côtelette par les deux bouts, et il y a les saints comme vous, ceux qui prennent le temps de prendre soin de soi, méditation et votre sainte salade. Heureusement qu’on est là pour vous aider à atteindre le Nirvana !

Vous seul(e), hein, votre petit nombril, qui se suffit à lui-même. N’allez surtout pas méditer que le nombril, c’était ce qui vous reliait à votre mère, c’est à dire au reste du monde, et de là rayonner plus loin, à l’univers qui entoure votre nombril, penser qu’il n’y a pas d’être humain, aussi saint soit-il, qui ne doive absorber une salade de temps à autres, de même que la salade à son tour a besoin d’eau et de soleil, et que le plastique ne l’aide pas à pousser, au contraire. Mais pensez à vous ! Et pensez un peu à ce que ça ferait à votre équilibre de mettre de temps en temps les doigts dans la terre, le retour à la nature et tout ça, on sait bien que vous en rêvez. Mais la terre c’est sale, et ça le restera jusqu’à ce qu’on veuille vous vendre une panoplie de jardinier avec un kit de retour aux valeurs paysannes. En attendant, prenez déjà la salade : elle vient de la terre, mais on l’a lavée pour vous. Et pendant que vous ne serez pas en train de lui donner un bain, pensez à votre place dans l’écosystème, les insecticides cancérigènes sur votre salade et les microplastiques dans les océans, qui se trouve au bout des égouts, plastique que vous jetterez simplement à la poubelle au moment de passer à table. D’ailleurs ça en vaut largement le sacrifice. Pensez-y : trois minutes de gagnées. Trois minutes : largement assez de temps pour retrouver l’équilibre.

La pub tue

L’article ci-dessous nous à été transmis par un sympathisant du Clip. Comme lui, n’hésitez pas à nous faire part de vos contributions!

De temps en temps, il est bon de se rappeler pourquoi la publicité nous nuit, et pourquoi il serait dans notre intérêt à tous qu’elle disparaisse. Voici donc, les principales raisons qui me poussent à m’investir contre elle.

On ne peut pas l’éviter

Tout d’abord, il faut remarquer qu’aujourd’hui la pub est vraiment partout, et qu’on ne peut plus l’éviter: sur des affiches dans la rue et les bus. Sur des écrans dans les gares, les stations de métro et les wagons. A la télévision, au cinéma, dans les journaux et magazines. Sur internet, par sms, par téléphone, par courrier dans votre boite aux lettre, même si la mention « pas de pub svp » y figure. Sur les voitures et certains bus, sur les habits des personnes qui arborent fièrement le logo d’une marque, et sur leur smartphone qui en fait de même, et leur voiture. Sur chaque sac fourni ou vendu par les magasins, et bien d’autres encore. Nous sommes véritablement envahis.

Elle nous conditionne

Depuis notre plus jeune âge, cette omniprésence nous conditionne. Avec ses images, ses sourires et ses slogans ravageurs, étudiés par des armées de psychologues et autre spécialistes cognitifs pour attirer au mieux notre attention et nous convaincre, la publicité nous conditionne à croire que notre niveau de bonheur, ou du moins le but de la vie ou la valeur de notre vie, dépend de la possession de biens matériels ! Lorsque nous choisissons et achetons une paire de nike, un iPhone ou une Audi, ce n’est pas vraiment juste pour marcher,  téléphoner et conduire, c’est parce que la publicité a réussi à nous convaincre qu’en possédant ces objets, notre vie serait mieux, que nous serions plus heureux.

Alors oui, faire un achat et posséder un nouvel objet procure du plaisir, mais c’est tout ! Or la psychologie positive a depuis longtemps prouvé que, pour être heureux, le plaisir ne suffit pas, il faut aussi du sens. Et acheter les biens de luxe que je citais en exemple, avouons le, ça n’a aucun sens, ça ne correspond à aucune de nos valeurs profondes, et ça ne rend donc pas heureux.

D’autre part, le problème d’un conditionnement, c’est qu’il transcende la réflexion : lorsqu’on est conditionné on ne réfléchit plus, on n’est plus maître de soi, il n’est plus question d’être critique car on agit en suivant une croyance inconsciente. La publicité nous transforme donc en consommateur-robot, incapables d’avoir un point de vue critique sur certains de nos actes, comme choisir quel produit acheter.

Elle nous pousse à l’hyper-consommation

Un autre problème du conditionnement publicitaire, c’est qu’il nous pousse à l’hyper-consommation. En effet, on achète un objet, on éprouve un certain plaisir, mais il disparaît assez vite car contrairement au bonheur, le plaisir n’est pas durable. On achète alors autre chose, et encore, et encore, et encore. C’est sans fin. Au final, on a acheté beaucoup, énormément plus de choses que ce dont nous avons réellement besoin.

A l’heure ou les estimations les plus optimistes parlent de millions de morts liées au réchauffement climatique, et les autre atteignent parfois le milliard, voir la fin pur et simple de l’humanité, il est évident que la publicité tue. Elle a déjà tué des milliers de personnes exploitées de par le monde pour produire nos biens de consommation à des prix déraisonnables, et tuera à l’avenir des millions ou milliards de personnes en nous ayant forcé à dépasser les limites de notre environnement et de notre planète.

Heureusement, il n’est pas (encore) trop tard, et je suis heureux de voir que de plus en plus de personnes ont réussi à sortir de ce conditionnement (voir le film Minimalism) et que d’autres s’activent afin de pousser la population à se poser les bonnes questions.

Sur-affichage invitant à la réflexion aperçu à la gare de Lausanne

Mais le plus simple serait encore d’interdire la publicité. Après tout, lorsque vous avez besoin de chaussures, d’un téléphone ou d’une voiture, vous savez parfaitement où aller. La publicité ne nous est pas utile, elle nous nuit, et elle tue, mais nous pouvons changer ça!

Entretien radiophonique avec le GLIP

(source : GLIP, glipantipub.wordpress.com)

Le 25 mars, le conseiller municipal genevois Emmanuel Deonna (Parti socialiste) et le collectif Genève libéré d’invasion publicitaire (GLIP) sont intervenus sur les ondes de Libradio le 5 mars à l’occasion de la Journée mondiale contre la publicité. Le GLIP a présenté une ballade de déchiffrage de la réclame qu’elle a organisé le jour même dans la Cité de Calvin.

Emmanuel Deonna a par ailleurs rappelé les récentes critiques du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies vis-à-vis des stratégies développées par le système publicitaire. [1]Voir par exemple http://www.ohchr.org/FR/Issues/droitsculturels/Pages/impactofadvertisingandmarketing.aspx ou le compte-rendu de la rapporteuse, les réponses des États et des organismes. Dans sa réponse, la Suisse y réaffirme la primauté de « la liberté économique », corollaire présumé de la liberté d’expression.

Notes   [ + ]

1. Voir par exemple http://www.ohchr.org/FR/Issues/droitsculturels/Pages/impactofadvertisingandmarketing.aspx ou le compte-rendu de la rapporteuse, les réponses des États et des organismes. Dans sa réponse, la Suisse y réaffirme la primauté de « la liberté économique », corollaire présumé de la liberté d’expression.

Une initiative en faveur d’une ville de Genève sans pub

A Genève, les adversaires de la publicité ont le vent en poupe. Les premiers jours de l’année 2017 ont vu la quasi totalité des affiches publicitaires de la cité de Calvin se parer de blanc. Le 11 mars, le Glip, un collectif antipub de Genève organisait une soirée de soutien à l’Écurie. Dimanche passé, le collectif a proposé une visite iconoclaste des réclames à l’occasion de la Journée mondiale contre la publicité et voilà que cette semaine, le Réseau objection de croissance (ROC) et l’association Quartiers collaboratifs, lancent une initiative populaire municipale intitulée « Genève zéro pub ». Les initiants ont 40 jours pour récolter les 4000 signatures nécessaires à la poursuite de la procédure de consultation.

Table ronde sur la publicité et le tabac

Par un savant jeu d’autorité et de séduction, la publicité cherche à faire croire au consommateur qu’il peut adopter un comportement contraire à ses intérêts évidents. Comment la publicité pour le tabac se confronte-t-elle à l’offensive anti-tabac ? Le Festival histoire et cité organise une table ronde sur la question à Genève à la fin du mois de mars.

Lieu : Uni Bastions, salle B111, Genève
Date : vendredi 31 mars de 12 h 00 à 13 h 00
Intervenants : Jean-Paul Humair, Didier Nourrisson
Modérateurs : Jean-Charles Giroud


View Larger Map

Swisscom et son Admeira(ble) base de données

Dès le 1er avril, Admeira, coentreprise publicitaire de Swisscom, de la SSR et de l’éditeur Ringier, entrera en possession des données anonymisées des clients du réseau fixe de Swisscom. (La Liberté, jeudi 9 mars 2017). Bien qu’il n’est pas possible d’en tirer des conclusions directes sur une personne, Admeira veut utiliser ces données a des fins publicitaires ciblées.

La clause de renonciation (ou « opt-out ») est possible, les clients privés ont donc la possibilité de s’opposer à l’utilisation à des fins publicitaires de leurs données et de refuser l’envoi de publicité à leur adresse. Alors que cette option n’existait jusqu’ici que par téléphone, elle est désormais possible en ligne par quelques clics de souris. Sur ce point, nous serions tenté de les remercier de nous simplifier la tâche… mais au final nous ne pouvons que regretter que Swisscom ne propose pas plutôt une clause d’acceptation (ou « opt-in »). Laissons la publicité à ceux qui la réclame!

A noter que dès l’été prochain, Swisscom prévoit une utilisation plus étendue des données clients. Restons vigilants…