Tous les articles par Jean-Paul Clip

La pub tue

L’article ci-dessous nous à été transmis par un sympathisant du Clip. Comme lui, n’hésitez pas à nous faire part de vos contributions!

De temps en temps, il est bon de se rappeler pourquoi la publicité nous nuit, et pourquoi il serait dans notre intérêt à tous qu’elle disparaisse. Voici donc, les principales raisons qui me poussent à m’investir contre elle.

On ne peut pas l’éviter

Tout d’abord, il faut remarquer qu’aujourd’hui la pub est vraiment partout, et qu’on ne peut plus l’éviter: sur des affiches dans la rue et les bus. Sur des écrans dans les gares, les stations de métro et les wagons. A la télévision, au cinéma, dans les journaux et magazines. Sur internet, par sms, par téléphone, par courrier dans votre boite aux lettre, même si la mention « pas de pub svp » y figure. Sur les voitures et certains bus, sur les habits des personnes qui arborent fièrement le logo d’une marque, et sur leur smartphone qui en fait de même, et leur voiture. Sur chaque sac fourni ou vendu par les magasins, et bien d’autres encore. Nous sommes véritablement envahis.

Elle nous conditionne

Depuis notre plus jeune âge, cette omniprésence nous conditionne. Avec ses images, ses sourires et ses slogans ravageurs, étudiés par des armées de psychologues et autre spécialistes cognitifs pour attirer au mieux notre attention et nous convaincre, la publicité nous conditionne à croire que notre niveau de bonheur, ou du moins le but de la vie ou la valeur de notre vie, dépend de la possession de biens matériels ! Lorsque nous choisissons et achetons une paire de nike, un iPhone ou une Audi, ce n’est pas vraiment juste pour marcher,  téléphoner et conduire, c’est parce que la publicité a réussi à nous convaincre qu’en possédant ces objets, notre vie serait mieux, que nous serions plus heureux.

Alors oui, faire un achat et posséder un nouvel objet procure du plaisir, mais c’est tout ! Or la psychologie positive a depuis longtemps prouvé que, pour être heureux, le plaisir ne suffit pas, il faut aussi du sens. Et acheter les biens de luxe que je citais en exemple, avouons le, ça n’a aucun sens, ça ne correspond à aucune de nos valeurs profondes, et ça ne rend donc pas heureux.

D’autre part, le problème d’un conditionnement, c’est qu’il transcende la réflexion : lorsqu’on est conditionné on ne réfléchit plus, on n’est plus maître de soi, il n’est plus question d’être critique car on agit en suivant une croyance inconsciente. La publicité nous transforme donc en consommateur-robot, incapables d’avoir un point de vue critique sur certains de nos actes, comme choisir quel produit acheter.

Elle nous pousse à l’hyper-consommation

Un autre problème du conditionnement publicitaire, c’est qu’il nous pousse à l’hyper-consommation. En effet, on achète un objet, on éprouve un certain plaisir, mais il disparaît assez vite car contrairement au bonheur, le plaisir n’est pas durable. On achète alors autre chose, et encore, et encore, et encore. C’est sans fin. Au final, on a acheté beaucoup, énormément plus de choses que ce dont nous avons réellement besoin.

A l’heure ou les estimations les plus optimistes parlent de millions de morts liées au réchauffement climatique, et les autre atteignent parfois le milliard, voir la fin pur et simple de l’humanité, il est évident que la publicité tue. Elle a déjà tué des milliers de personnes exploitées de par le monde pour produire nos biens de consommation à des prix déraisonnables, et tuera à l’avenir des millions ou milliards de personnes en nous ayant forcé à dépasser les limites de notre environnement et de notre planète.

Heureusement, il n’est pas (encore) trop tard, et je suis heureux de voir que de plus en plus de personnes ont réussi à sortir de ce conditionnement (voir le film Minimalism) et que d’autres s’activent afin de pousser la population à se poser les bonnes questions.

Sur-affichage invitant à la réflexion aperçu à la gare de Lausanne

Mais le plus simple serait encore d’interdire la publicité. Après tout, lorsque vous avez besoin de chaussures, d’un téléphone ou d’une voiture, vous savez parfaitement où aller. La publicité ne nous est pas utile, elle nous nuit, et elle tue, mais nous pouvons changer ça!

La ville de Genève expérimente la libération de l’espace public malgré elle

A Genève, les premiers jours de l’année 2017 ont vu la quasi totalité des affiches publicitaires de l’espace publique se parer de blanc et cette fois ci les anti-pub n’y sont pour rien! Étonnamment c’est à la société générale d’affichage (SGA) elle-même qu’on doit ce répit inattendu [1]. Cette dernière a perdu sa concession au profit d’une autre société (Neo Advertising SA) et visiblement la transition ne s’est pas faite sans vagues.

Les paris sont ouvert quant aux raisons qui ont poussé la SGA à ce coup d’éclat, au risque de tendre une perche inespérée aux voix critiques. Comme celle du Réseau d’objection de croissance Genève (ROC-GE) qui à présenté vendredi dernier son projet d’initiative municipale « pour une ville sans publicité commerciale dans l’espace public » [2]. Ou encore celles, plus consensuelles, qui évoquent l’idée d’une trêve annuelle [3].

Ce qui est sûr, c’est qu’il n’a pas fallu longtemps pour que la population se réapproprie l’espace ainsi libéré et prouve, s’il le fallait, qu’une ville sans pub n’est pas une ville triste, loin s’en faut. Nos ami-e-s du Flip à Genève nous ont envoyé quelques clichés des œuvres d’art et autres traits d’esprit qui ont remplacé l’espace de quelques jours les sirènes de la consommation.

Si la publicité a depuis réinvesti l’espace public, gageons que cet épisode apportera de l’eau à nos moulins lors des débats à venir autour de l’emprise de la publicité sur nos vies et nos imaginaires.

Plus d’images ici (site de la Tribune de Genève)

Annonce : action matraquage symbolique du Clip le 14 octobre

La publicité ne prend pas de vacances, et comme on à pu le voir avec la dernière campagne de votations ou avec les nouvelles méthodes pour le moins invasives employée par la Coop à Fribourg, elle continue à s’insinuer toujours plus profondément dans notre quotidien. C’est une véritable fuite en avant : plus il y a de pub, plus il faut de pub (du sol plafond, sur le moindre mètre carré de libre) pour sortir du lot et atteindre les cerveaux du public cible. Paradoxalement, ce tsunami de message publicitaires est tellement entré dans la normalité que la majorité d’entre-nous ne le remarque même plus.

C’est pourquoi le CLIP à décidé de faire une action symbolique pour donner corps à ce matraquage constant et sournois. Le concept est simple et similaire à celui d’une flash-mob. Les participant-e-s se rendent l’air de rien sur le lieux désigné (un lieux de passage avec un forte densité d’affichage publicitaire). A l’heure convenue ils/elles choisissent chacun un panneau publicitaire et pendant 5 minutes ils/elles « frappent » symboliquement, sans le toucher, lentement et de manière théâtrale, le panneau avec l’objet de leur choix (inoffensif, léger et grotesque, du style : massue d’homme des caverne gonflable ou faite maison avec du carton et du ruban adhésif, sac a main, parapluie, jambe de bois, sabre laser, poulet en plastique, botte de poireau, etc.). Vous pouvez aussi arborer des pancartes sur lesquelles figurent « matraquage publicitaire » pour que le tableaux soit complet. Après ces 5 minutes les participant-e-s se dispersent et quittent les lieux. Celles et ceux qui le souhaitent peuvent recommencer dans un autre lieux un peu plus tard. Ce type d’action à été réalisée en France lors de la COP21 par des militant-e-s du contre-sommet. La vidéo de l’action n’est malheureusement plus en ligne mais croyez moi ça fait tout son effet.

L’action du CLIP aura lieu le vendredi 14 octobre à 18 h 15 pétante dans le passage sous-voie Est de la gare de Lausanne (coté Vevey). A cette heure de grande affluence l’effet de ces 5 minutes de mise en évidence du matraquage sera complet !

Nous ne pouvons qu’encourager les autres groupes anti-pub à reprendre le concept à leur compte ça serai top d’avoir des événements simultanés dans plusieurs villes. Pour ce type d’action il faut qu’il y ait un minimum de participants pour un meilleur impact.

Action du 9 avril en parallèle au contre-sommet des pilleurs et pollueurs à Lausanne

Pour cette nouvelle action, une quinzaine de nos militants ont recouvert de manière non destructive une centaines des panneaux publicitaires à vocation commerciale par des surface vierges agrémentées de contre-slogans (« mon regard n’est pas à vendre », « espace public(itaire)? », « La publicité pollue l’imaginaire « , etc.).

Cette démarche vise à interpeller les citoyens dans le but de susciter un débat autour de l’omniprésence dans l’espace public de messages publicitaire non sollicités. Face à cette agression permanente, nous revendiquons un droit de non-réception. Comme l’autocollant sur la boite au lettre ou l’astérisque dans l’annuaire.

Au cours de l’action, deux des participant on été interpellé par la police qui à procédé à un contrôle d’identité et saisi du matériel de recouvrement. Les agents de police on également retiré manuellement des affiches. L’un des agents n’a pas hésité à prendre position en déclarant entre autre que si on voulait faire ça il fallait aller en Corée du Nord. Il a eu une attitude particulièrement agressive, menaçant les participant de les emmener au poste alors que ceux-ci était calmes, coopératifs, près à assumer la responsabilités de cet acte politique et que pour rappel aucune déprédation n’a été perpétrée.

Parallèlement à cette action, nous avons adressé une lettre à tous les membres du conseil communal de la ville de Lausanne pour attirer leur attention sur notre démarche, et revenir sur l’interpellation « Libérer l’espace public lausannois de la pollution de l’affichage publicitaire» déposée le 17.02.2015 par MM. Pain et Rossi, et à laquelle la Municipalité à répondu le 13.05.2015 d’une manière qui ne nous apporte pas satisfaction.

À la suite de l’action, un bref article a paru dans le 24 Heures :  La pub se recouvre de blanc à Lausanne, 24 heures, le 10 avril.

Enfin, terminons avec nos photos, témoins de l’action :