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Le danger des élections cantonales 2017

« Les réclames et autres annonces qui pourraient créer une confusion avec les signaux et les marques ou compromettre d’une autre manière la sécurité de la circulation, par exemple en détournant l’attention des usagers de la route, sont interdites sur les routes ouvertes aux véhicules automobiles ou aux cycles, ainsi qu’à leurs abords. »
Article 6 de la Loi fédérale sur la circulation routière (LCR)

Dans la section « Dangers » de notre site, nous avons montré comment les procédés de réclame, quelque soit leur contenu, créent une confusion avec les signaux et les marques des voies de communication et comment ils compromettent la sécurité de la circulation des piétons, des automobiles et des cycles.

La campagne pour les élections cantonales du 30 avril nous donnent l’occasion d’étendre nos critiques aux procédés de réclame politique placardés par les partis, toutes couleurs confondues, comme on peut le constater sur les photographies ci-dessous. Les campagnes électorales, pas plus que les autres actions de publicité, ne devraient mettre en danger les usagers des voies de communication. Tous les partis et toutes les communes sont pourtant au courant de la législation, puisqu’ils reçoivent chaque année un « guide pour un affichage politique respectueux de la sécurité routière »  depuis 2015. Le document est même visible sur la page d’accueil des élections cantonales de cette année. Les communes tolèrent plus ou moins ce qu’elles appellent souvent « l’affichage sauvage ». [1]Pourtant, comme on peut le voir sur certaines de ces photographies, plusieurs affiches politiques ne font pas partie de la catégorie « sauvage » puisqu’il s’agit d’affiche de la SGA. Le danger existe donc indépendamment des campagnes électorales. La plupart des groupes d’intérêts, la presse et les directions des établissements scolaires s’en moquent. La police et la gendarmerie eux ferment les yeux.[2]Alors pourtant qu’elles invitent les usagers de la route à rester attentif à travers plusieurs campagnes de sensibilisation. Par exemple, http://www.apol.ch/N1060/chercher-le-regard.html, http://www.apol.ch/N1081/feux-allumes.html, http://www.apol.ch/N1206/garde-les-yeux-sur-la-route.html.

Notes   [ + ]

1. Pourtant, comme on peut le voir sur certaines de ces photographies, plusieurs affiches politiques ne font pas partie de la catégorie « sauvage » puisqu’il s’agit d’affiche de la SGA. Le danger existe donc indépendamment des campagnes électorales.
2. Alors pourtant qu’elles invitent les usagers de la route à rester attentif à travers plusieurs campagnes de sensibilisation. Par exemple, http://www.apol.ch/N1060/chercher-le-regard.html, http://www.apol.ch/N1081/feux-allumes.html, http://www.apol.ch/N1206/garde-les-yeux-sur-la-route.html.

Vingt mille clients de Swisscom et Migros piratés

Un article paru dans le Temps vendredi 10 mars révélait que les données d’accès (nom d’utilisateur et mot de passe), l’adresse IP de leur routeur de vingt mille clients de Swisscom et Migros (M-Budget) ont été volées par des pirates informatiques. Ces données concernent les clients des services téléphoniques des deux entreprises suisses qui estiment peu probable que les données subtilisées soient utilisées à des fins abusives. A en croire Swisscom et Migros, le vol de ces données est sans mobile. Aucune enquête interne ni aucune analyse des profils des victimes ne sont prévues. On sait pourtant que souvent, ces attaques informatiques cherchent à obtenir ce type de données à des fins publicitaires. Une hypothèse qui n’a été évoquée ni par les deux opérateurs de télécommunication ni par le journaliste de l’article paru dans le Temps. On s’étonne du mutisme de Swisscom et de Migros sachant qu’ils figurent parmi les plus grands trafiquants de données privées de Suisse. Un trafic des données dont ils peuvent tirer meilleur parti grâce à l’usage de la téléphonie IP justement.[1]Technologie qui fait passer les communications téléphoniques par Internet. D’ailleurs, on s’interroge sur le fait que le journaliste de l’article paru dans le Temps, n’aient pas mentionné non plus que le vol n’a pu avoir lieu que grâce au recourt à la téléphonie IP. Swisscom a déjà largement implémenté cette technologie prévoit de l’imposer sur l’ensemble du territoire d’ici la fin de l’année. C’est le cas également des autres opérateurs suisses comme Salt, Orange ou Green, qui eux aussi sont des clients de Swisscom. Malheureusement, il n’existe à l’heure actuelle aucun moyen efficace de se protéger pour l’utilisateur de la téléphonie IP.

Notes   [ + ]

1. Technologie qui fait passer les communications téléphoniques par Internet.

A Genève, l’Université et l’HESSO déploient une affiche de plus de 100 mètres carrés

Une immense affiche publicitaire de plus de 100 m2 recouvre une des façades de l’Hepia, une haute école située au no 4 de la rue de la Prairie à Genève. Quand on sait que l’établissement forme les spécialistes techniques de demain, pas seulement les informaticiens et les électroniciens, mais aussi ceux de domaines comme l’architecture du paysage, de l’agronomie et de la gestion de la nature, on a de quoi s’inquiéter. La pose de cette  affiche gigantesque, probablement une des plus grandes de Suisse romande n’a fait l’objet d’une lever de boucliers ni auprès des étudiants, ni auprès des enseignants. Les automobilistes eux admirent le graphisme impeccable et essaie de déchiffrer le lettrage tout en essayant d’éviter un accident.

 

Ces adolescents qui ne distinguent pas la publicité du contenu rédactionnel

Les générations Y et Z comprennent mieux les nouvelles technologies ? Pas si sûr. Une récente étude de l’Université de Stanford révèle que la grande majorité des adolescents ne distinguent pas « le contenu parrainé » du contenu rédactionnel. 82 % des interrogés estiment que le fait que l’auteur d’un article soit dirigeant d’une banque n’a aucun lien avec la crédibilité de l’article. Pour eux, la crédibilité d’une information en ligne tient davantage à la quantité de détails et à la qualité des illustrations qu’à l’identité de la source. La RTS et Gant doivent s’en réjouir.

 

Le dernier écran d’extérieur de Samsung à l’essai à Zurich

Le 2 février à Zurich, la SGA a installé en exclusivité européenne le nouvel écran d’extérieur « OH85F », développé par Samsung. Dans son communiqué de presse, l’agence publicitaire présente les arguments de vente de l’écran de 85 pouces.  Le verre « résiste au vandalisme » et le film anti-graffiti facilite « le nettoyage ». L’appareil peut être utilisés sans boîtier spécial à des températures extrêmes, allant de -30 °C à +50 °C.

(source : SGA)

Grâce à sa luminosité, l’écran peut être lu même s’il se trouve en plein soleil. Michel Schauenberg, en charge de la promotion des ventes des écrans est enthousiaste : « Nous sommes particulièrement heureux de pouvoir présenter notre nouveau produit révolutionnaire à un arrêt de train, avec des partenaires aussi compétents que la SGA, Kilchenmann et chemins de fers zurichois. » Étrangement, nie le communiqué de la SGA, les déclarations des différentes personnes concernées ne font allusion à la consommation d’énergie de ce nouvel écran. Avec une plage de 680 à 1800 kilowattheure, sa consommation correspond à celle d’un ménage d’une personne à deux personnes. Voilà un argumentant de vente qui risque de donner du grain à moudre aux résistants du vandalisme publicitaire.

Le genre de la femme-objet est l’Homme-objet

Dans une récente interpellation au Conseil municipal de Lausanne, Romain Felli posait une question à la Municipalité. A qui les habitants doivent-ils annoncer les problèmes d’insalubrité urbaine ? Deux canaux permettent de signaler des poubelles qui débordent, un trottoir endommagé ou une horloge déréglée, a répondu la Municipalité. Il suffit d’écrire à info@lausanne.ch ou d’appeler le 021 315 11 11.

Que les habitants dorment tranquilles : la vigilance de Municipalité ne se limite pas à la santé du territoire urbain. Favorable à l’égalité de considération entre toutes les variantes du spectre sexuel, les élus viennent de publier un rapport d’enquête sur le harcèlement de rue à Lausanne. Les conclusions sont inquiétantes. Le harcèlement de rue est bel et bien une réalité de la métropole. Sa fréquence surprendra plus d’un lecteur. La moitié des victimes interrogées a été harcelée plus d’une fois par mois. Dans la plupart des cas (88 %), le harcèlement prend la forme d’un sifflement. Il a lieu la nuit (77 %) et dans la rue ou un parc (46 %). Naturellement, la très grande majorité des victimes sondées a déclarée qu’il fallait dénoncer les harceleurs. La situation est grave.

Elle nous semble même plus grave qu’il n’y paraît, car dans son sens large, le harcèlement de rue sévit de jour comme de nuit. Il est prémédité, organisé, institutionnalisé, documenté, rémunéré et bénéficie de la complicité de la Municipalité en toute impunité. Ce harcèlement de rue procède de la même logique que celui qui agresse les femmes. Son auteur va parfois jusqu’à vous surveiller, avant de vous imposer sa présence en vous sifflant notamment. Il s’autorise à attirer votre regard et extorquer votre attention afin de marteler un message, un ordre qui exige votre adhésion à son projet. La violence de son action occulte votre autonomie. Commis quotidiennement dans plus de 1 200 lieux de passage de la métropole,  son geste conquérant vous métamorphose en instrument de son désir lucratif. Aliéné, à ses yeux vous n’êtes plus que le moyen d’obtenir quelque chose, quelque chose par le truchement duquel il obtient davantage de moyens. Abracadabra ! vous voilà une ressource, exploitable et exploitée. Son projet ? vous assujettir au marché, quitte à forcer l’échange. C’est par cet enchaînement de ruses et de violence que les maîtres d’œuvre du système publicitaire nous amènent à une monstrueuse conclusion : dans les rues lausannoises, le genre de la femme-objet est l’Homme-objet.

Interpellons à notre tour. A qui doit-on s’adresser ?