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Une montagne de publicité dans les boîtes aux lettres

Selon une récente enquête de la Fédération romande des consommateurs, chaque ménage reçoit entre 36 et 60 kilos de papier non désiré par année. Les boîtes munies d’un autocollant « Stop pub » ne sont pas épargnées non plus. Les personnes affichant leur refus de publicité sont confrontées à de nouvelles parades, dont les envois adressés. Cette enquête met également en lumière les conditions de travail précaires des employés  d’entreprise spécialisée dans les envois adressés.

Swisscom et son Admeira(ble) base de données

Dès le 1er avril, Admeira, coentreprise publicitaire de Swisscom, de la SSR et de l’éditeur Ringier, entrera en possession des données anonymisées des clients du réseau fixe de Swisscom. (La Liberté, jeudi 9 mars 2017). Bien qu’il n’est pas possible d’en tirer des conclusions directes sur une personne, Admeira veut utiliser ces données a des fins publicitaires ciblées.

La clause de renonciation (ou « opt-out ») est possible, les clients privés ont donc la possibilité de s’opposer à l’utilisation à des fins publicitaires de leurs données et de refuser l’envoi de publicité à leur adresse. Alors que cette option n’existait jusqu’ici que par téléphone, elle est désormais possible en ligne par quelques clics de souris. Sur ce point, nous serions tenté de les remercier de nous simplifier la tâche… mais au final nous ne pouvons que regretter que Swisscom ne propose pas plutôt une clause d’acceptation (ou « opt-in »). Laissons la publicité à ceux qui la réclame!

A noter que dès l’été prochain, Swisscom prévoit une utilisation plus étendue des données clients. Restons vigilants…

 

 

« L’autorégulation, ça ne marche qu’avec les bons élèves »

De l’avis de Mathieu Fleury, secrétaire général de la Fédération Romande des Consommateurs (Matin Dimanche du 11 décembre 2016) : « L’autorégulation ne marche qu’avec les bons élèves ».

Nous ne pouvons qu’abonder dans son sens !

Sachant que la FRC est elle-même membre d’une institution (CSL) qui pratique l’autorégulation, on peut imaginer que son affirmation est le fruit de cette expérience.  Ce propos, bien qu’il aie été recueilli dans un autre contexte, apparaît comme le constat d’une défaite et devrait pousser le successeur de Monsieur Fleury à se questionner.

Les trois Chambres constituant la CSL (Commission Suisse pour la Loyauté en matière de publicité) sont-elles toutes représentées par de bons élèves ? Il est permis d’en douter.

Cette institution, soit disant neutre et indépendante, s’est donnée pour but de garantir l’autocontrôle en matière de publicité.  Elle est composée de trois Chambres:

  • des représentants des consommatrices et des consommateurs dont la FRC
  • des prestataires de médias (bien sûr, qu’ils sont neutres !)
  • des publicitaires (puisqu’on vous dit qu’ils sont neutres et indépendants !)

En fin de compte, l’existence de la CSL ne fait que justifier l’absence de législation en matière publicitaire en vantant une « autodiscipline » et en nous faisant croire que le domaine publicitaire est sous contrôle, sous prétexte que l’on peut porter plainte si jamais il y avait abus. A ce sujet, pour ceux qui n’étaient pas totalement découragé de porter plainte lorsqu’ils se trouvaient face au formulaire à remplir, la CSL s’est chargé d’introduire une taxe, histoire de vous dissuader définitivement…

De plus, il faut savoir que la Commission Suisse pour la Loyauté ne prononce aucun arrêt exécutoire par l’État. Elle édicte des recommandations ayant pour but qu’à l’avenir, les publicitaires (les « bons » élèves, donc) les appliquent et qu’ils puissent ainsi éviter des risques juridiques de plaintes ou de procédures pénales devant les pouvoirs publics.

Cela ne vous rappelle-t-il pas cette « bande d’élèves » qui se faisait bien voir devant les enseignants pour éviter les punitions , mais outrepassait toutes les limites une fois dans la cour de récréation ? Jusqu’à quand la FRC va-t-elle continuer à les couvrir par le biais de la CSL ?

 

Swisscom et le mirage de l’autorégulation

La mise en place par Swisscom, fin novembre, d’un système qui permet le blocage gratuit des appels indésirables peut apparaître, à première vue, comme une victoire pour leurs clients qui n’en peuvent plus de recevoir des appels publicitaires malgré l’apposition d’un astérisque dans le bottin.
En réalité, leur nouvelle offre masque à peine leur volonté d’échapper à une modification de loi qui permettrait de combattre le harcèlement téléphonique plus efficacement et l’opérateur ne cache pas son opposition a une réglementation plus stricte en la matière (le Matin Dimanche, 11 décembre 2016).
Une initiative parlementaire allant dans ce sens est en discussion actuellement. Espérons que nos élu-e-s ne se laisseront pas aveugler par le mirage de l’autorégulation que Swisscom vient de déployer devant nos yeux!