Archives mensuelles : avril 2017

10 mai 19 h → stamm à Pôle Sud

Date : 10 mai 2017 à 19 heures

Description : Le stamm du Clip est un espace de rencontre convivial, qui a lieu le deuxième mercredi du mois. Il est gratuit et ouvert à tous. Oui, tous, publicurieux, publicides, publiphobes, publisceptiques, publilogistes et même les publiphiles. On y discute du système publicitaire autour d’un verre, d’un plat de houmous ou d’un morceau de pain…

Lieu : Pôle Sud, avenue Jean-Jacques Mercier 3, 1003 Lausanne, 1er étage.


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Revue de presse (10 au 19 avril)

La  publicité gagne du terrain dans plusieurs domaines de la vie quotidienne. Dans le sport d’abord, comme dans d’autres activités de la vie. Au football par exemple, alors qu’il y a encore vingt ans, le maillot, les bas et les shorts des juniors étaient rarement colonisés par les annonceurs, à présent les mômes se métamorphosent en hommes et en femmes sandwichs à chaque entraînement et à chaque rencontre, non seulement sur les terrains mais sur les trajets qui les y mènent. Bien souvent, les joueurs d’un club ne se partagent  quelques jeux de maillots durant plusieurs années ; chaque joueur « reçoit gratuitement » ou contre une somme « dérisoire » un équipement complet chaque saison : maillot de match, maillot d’entraînement, chaussettes, short, survêtement et sac de sport.

L’humour subit aussi les assauts de la publicité. Christine Berrou, qui offrait encore un poème à Bernard Lavilliers il y a deux ans, poème faisait allusion à Léo Ferréexplique aujourd’hui aux étudiants SAWI comment séduire les consommateurs grâce à l’humour. Un savoir-faire manipulatoire que les futurs publicistes mettront à profit à l’occasion d’un spectacle qui aura lieu les 28 et 29 juin au Centre pluriculturel et social d’Ouchy. On est surpris d’apprendre par le site officiel des pédagogues de ces graines de champions mercatiques que Thomas Wiesel et Marina Rollman parraineraient l’événement. Deux humoristes qui vivent du rire, mais qui s’en sont souvent servis pour révéler au public les maux de notre société, alors que la publicité, elle, amuse pour désinformer. Le cheval de bataille de Marina Rollman, le féminisme, on le sait, joue un rôle prépondérant dans un certain nombre de ses productions. Il y a quelques jours encore, la jeune artiste tournait en dérision les clichés misogynes devant les rédactrices du journal le Temps. De son côté,  l’année passée, au Forum des 100, Thomas Wiesel avait planté sa langue dans la plaie en révélant la porte au-nez auquel Tidjane Thiam avait recouru à peine une année après sa nomination au poste de directeur du Crédit suisse. L’humoriste anti-UDC avait aussi saisi cette occasion pour dénoncer l’hypocrisie du gouvernement fédéral qui vante ses bons offices et propage l’image d’une Suisse humanitaire à qui veut l’entendre, mais qui ne défend pas moins bec et ongles la vente d’armes à l’Arabie saoudite.

Le système publicitaire des CFF attaque 12 millions de personnes par semaine. Il réunit les individus en mal de grands espaces autour d’une mise en scène qui dénature la sincérité des récits de voyage et les condamne à se confiner dans un espace de vie emmuré par passivité et le truchement des médias de masse.

En 2016, la Suisse a exporté  536 millions de cigarettes. C’est presque autant que les exportations de fromage (578 millions). Or, la cigarette n’a jamais autant tué qu’aujourd’hui.  A cela vient s’ajouter que la Suisse est un cancre en matière de législation sur la publicité pour le tabac. Est-ce étonnant dans un pays où l’industrie du tabac exercent une pression considérable sur les pouvoirs publics et la société civile dans au moins quatre cantons, le canton du Jura avec la famille Burrus puis Philipp Morris, le canton de Neuchâtel avec Philipp Morris, le canton de Vaud avec British american tobacco (BAT), China national tobacco et Japan tobacco  et la canton de Genève avec Japan tobacco ? Ensemble, ces quatre entreprises détiennent 80 % du marché de la cigarette.

Excursion publicitaire à Berne

Le système publicitaire suisse n’épargne pas la ville fédérale, comme on peut le voir sur ces quelques clichés pris entre la gare et l’arrêt Aegertenstrasse de la ligne de bus no 19. Plusieurs grands panneaux d’affichage électroniques et une bannière royale dominent le hall principal de la gare ferroviaire. Le site est plus grand que celui de lausanne et les couloirs sont plus vastes. Les grandes artères sont séparées une paroi de panneaux d’affichages de la Société générale d’affichage (SGA). Des panneaux d’affichage, des procédés rétro-éclairés et des vitrines bordent chacune des deux allées. Dehors, une immense aubette vitrée recouvre la place de la gare (Bahnhofplatz), où se trouvent plusieurs constructions rouges de la SGA, des murets placardés d’affiches publicitaires, une cage d’ascenseur et une cage d’escalier. Comme à Lausanne, les arrêts de bus et de tramway sont équipés d’aubettes et d’affiches publicitaires. Seulement, certains des panneaux appartiennent à Clear Channel, qui a réussi à obtenir une partie du marché aux dépends de la SGA, contrairement à Lausanne. Hélas, cette diversité toute relative ne semble par avoir d’effet sur le contenu des messages ni sur la démographie des réclames. L’intérieur des bus de la ligne 19 ressemble grosso modo à celui des transports lausannois, hormis l’autocollant qui tapisse le plancher et qui rappelle la malheureuse campagne de l’opérateur Sunrise. D’ingénieuses petites pancartes jouent à la balançoire au gré des accélérations et des décélérations. Quelques autocollants translucides freinent la progression des rayons de soleil et tentent de détourner l’attention des passagers qui regardent des mômes s’amuser sur le tapis de jets d’eau qui recouvre la Place fédérale (Bundesplatz).

Le danger des élections cantonales 2017

« Les réclames et autres annonces qui pourraient créer une confusion avec les signaux et les marques ou compromettre d’une autre manière la sécurité de la circulation, par exemple en détournant l’attention des usagers de la route, sont interdites sur les routes ouvertes aux véhicules automobiles ou aux cycles, ainsi qu’à leurs abords. »
Article 6 de la Loi fédérale sur la circulation routière (LCR)

Dans la section « Dangers » de notre site, nous avons montré comment les procédés de réclame, quelque soit leur contenu, créent une confusion avec les signaux et les marques des voies de communication et comment ils compromettent la sécurité de la circulation des piétons, des automobiles et des cycles.

La campagne pour les élections cantonales du 30 avril nous donnent l’occasion d’étendre nos critiques aux procédés de réclame politique placardés par les partis, toutes couleurs confondues, comme on peut le constater sur les photographies ci-dessous. Les campagnes électorales, pas plus que les autres actions de publicité, ne devraient mettre en danger les usagers des voies de communication. Tous les partis et toutes les communes sont pourtant au courant de la législation, puisqu’ils reçoivent chaque année un « guide pour un affichage politique respectueux de la sécurité routière »  depuis 2015. Le document est même visible sur la page d’accueil des élections cantonales de cette année. Les communes tolèrent plus ou moins ce qu’elles appellent souvent « l’affichage sauvage ». [1]Pourtant, comme on peut le voir sur certaines de ces photographies, plusieurs affiches politiques ne font pas partie de la catégorie « sauvage » puisqu’il s’agit d’affiche de la SGA. Le danger existe donc indépendamment des campagnes électorales. La plupart des groupes d’intérêts, la presse et les directions des établissements scolaires s’en moquent. La police et la gendarmerie eux ferment les yeux.[2]Alors pourtant qu’elles invitent les usagers de la route à rester attentif à travers plusieurs campagnes de sensibilisation. Par exemple, http://www.apol.ch/N1060/chercher-le-regard.html, http://www.apol.ch/N1081/feux-allumes.html, http://www.apol.ch/N1206/garde-les-yeux-sur-la-route.html.

Notes   [ + ]

1. Pourtant, comme on peut le voir sur certaines de ces photographies, plusieurs affiches politiques ne font pas partie de la catégorie « sauvage » puisqu’il s’agit d’affiche de la SGA. Le danger existe donc indépendamment des campagnes électorales.
2. Alors pourtant qu’elles invitent les usagers de la route à rester attentif à travers plusieurs campagnes de sensibilisation. Par exemple, http://www.apol.ch/N1060/chercher-le-regard.html, http://www.apol.ch/N1081/feux-allumes.html, http://www.apol.ch/N1206/garde-les-yeux-sur-la-route.html.

Journée mondiale contre la publicité : des Lausannois se réunissent et agissent

Samedi 25 mars — Lausanne. Un petit groupe de publisceptiques s’est interrogé sur le système publicitaire le temps d’une promenade dans les rues de la métropole vaudoise. Cette visite guidée sur l’affichage publicitaire organisée par le CLIP à l’occasion de la Journée internationale contre la publicité a battu le bitume a été l’occasion de discuter du rôle des affiches publicitaires dans l’aménagement du territoire et de prendre la mesure du fossé qui sépare le discours publicitaire sur les produits et les qualités réelles de ces produits.

Le même jour, un collectif indépendant a répondu à l’appel à l’action directe qu’avaient  lancé les Subvertisers international. Des affiches rétro-éclairées ont été recouvertes d’œuvres artistiques et de messages subversifs, comme l’illustrent ces photographies.

La publicité commerciale à la rescousse du délitement social

Il y a une trentaine d’années, des publicitaires ont eu une idée brillante, mettre « gratuitement » des véhicules à disposition d’associations, de communes. Gratuitement ? Pas tout-à-fait. Les usagers du véhicule se chargent de faire le plein, d’en prendre bien soin et, surtout, de le conduire, que les annonceurs étendent la publicité de leur enseigne autant que possible.

Fortuna publicité SA fait partie des entreprises qui ne vivent que de ce type d’activités, grâce à un réseau d’associations et de communes dont font partie Pully, Lutry, Nyon, Val-de-Travers, Sion, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et l’Association d’Entraide familiale et accueil de jour des enfants du Gros-de-Vaud et environs.

Comme la Fondation BVA, Fortuna publicité SA se fait une fierté de proposer ses services aux associations caritatives et aux communes et de participer au bien commun, comblant ainsi le vide indigne laissé par la société civile et l’État, photographies à l’appui !

 

Entretien radiophonique avec le GLIP

(source : GLIP, glipantipub.wordpress.com)

Le 25 mars, le conseiller municipal genevois Emmanuel Deonna (Parti socialiste) et le collectif Genève libéré d’invasion publicitaire (GLIP) sont intervenus sur les ondes de Libradio le 5 mars à l’occasion de la Journée mondiale contre la publicité. Le GLIP a présenté une ballade de déchiffrage de la réclame qu’elle a organisé le jour même dans la Cité de Calvin.

Emmanuel Deonna a par ailleurs rappelé les récentes critiques du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies vis-à-vis des stratégies développées par le système publicitaire. [1]Voir par exemple http://www.ohchr.org/FR/Issues/droitsculturels/Pages/impactofadvertisingandmarketing.aspx ou le compte-rendu de la rapporteuse, les réponses des États et des organismes. Dans sa réponse, la Suisse y réaffirme la primauté de « la liberté économique », corollaire présumé de la liberté d’expression.

Notes   [ + ]

1. Voir par exemple http://www.ohchr.org/FR/Issues/droitsculturels/Pages/impactofadvertisingandmarketing.aspx ou le compte-rendu de la rapporteuse, les réponses des États et des organismes. Dans sa réponse, la Suisse y réaffirme la primauté de « la liberté économique », corollaire présumé de la liberté d’expression.